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A Wall Street, la crise est presque finie

La crise ? Quelle crise ? Le S & P 500 a repris 50 % à 3.376 points depuis son creux en mars dernier. Il cote désormais à un cheveu du plus haut niveau de son histoire atteint en février, avant que la crise sanitaire et les mesures de confinement ne secouent l’économie mondiale. Jeudi il est même brièvement passé au-dessus de cette jauge. Depuis le début de l’année, l’indice progresse de 3,39 %, effaçant au passage les pertes liées au plus violent choc depuis les années 1930.

Licenciements, chômage, plans d’économies, faillites, hausse des provisions… les mauvaises nouvelles accablent pourtant l’économie réelle. Alors pourquoi les investisseurs se montrent-ils si optimistes ? En réalité, les marchés sont surtout portés par l’envolée des valeurs technologiques qui profitent à plein de la crise et des mesures de confinement.

Pour preuve, l’indice FANG + qui regroupe, entre autres, les valeurs Facebook, Amazon, Netflix et Google n’a que marginalement reculé au moment de la crise et gagne près de 57 % depuis janvier. Contraints de rester à la maison, les consommateurs ont fait leurs emplettes depuis leur écran, un phénomène qui a profité aux géants du e-commerce comme Amazon.

Apple plus lourd que le CAC 40

Le développement massif du télétravail a dopé le cours de Bourse des sociétés proposant des services de visioconférence. Enfin, la fermeture des cinémas et autres lieux de culture a donné un coup de fouet aux valeurs « stay at home » , comme Netflix. L’effet des valeurs technologique est d’autant plus important que leur poids dans les indices n’a cessé d’augmenter. La capitalisation boursière d’Apple s’élève à 1.947 milliards de dollars, quand celle du CAC 40 est tombée à 1.874 milliards de dollars. Le Russell 2000, un indice sans mastodonte, est lui toujours en dessous de ses niveaux d’avant-crise, mais loin de son creux touché le 18 mars dernier.

Globalement les investisseurs estiment que l’épidémie est sous contrôle malgré la hausse des décès dans certaines régions des Etats-Unis. Le risque de confinement généralisé est donc à leurs yeux limité et le redémarrage de l’activité inévitable. Ils accueillent d’ailleurs avec optimisme les indicateurs macroéconomiques même quand ils sont légèrement inférieurs aux attentes.

Vendredi, les ventes au détail aux Etats-Unis pour juillet sont ressorties en hausse de 1,2 %, soit un peu moins que prévu. La production industrielle a, elle, progressé de 3 % conformément aux prévisions. « L’économie américaine continue de cicatriser, mais c’est très différent selon les données économiques, explique Matt Maley chez Miller Tabak & Co cité par Bloomberg, le secteur des services essaie de se redresser, mais reste à mille lieues de ses niveaux pré-Covid. »

Une amélioration en trompe l’oeil

Parallèlement, outre-Atlantique, le marché du travail semble s’améliorer. Pour la première fois depuis la tempête économique, les inscriptions hebdomadaires au chômage sont passées sous la barre du million. Mais il faut garder à l’esprit que « pendant les pires semaines qui ont suivi la crise financière de 2008, ce chiffre n’était « que » de 665.000, nous sommes bien au-dessus de ce niveau, même aujourd’hui, et le retour à la normale pré-Covid est encore long », souligne Craig Nicole, de Deutsche Bank.

La perspective d’u n plan de relance aux Etat-Unis , discuté au Congrès entre Démocrates et Républicains, soutient également les indices. « La probabilité qu’un accord de relance budgétaire soit trouvé en août est passée de mince à nulle ces derniers jours, mais les investisseurs partent quand même du principe qu’une enveloppe de 1.500 milliards de dollars arrivera en septembre », détaille Yousef Abbasi’s de StoneX. « Les décrets signés par Trump en fin de semaine dernière ont donné une bonne excuse au Congrès pour viser un accord en septembre », poursuit l’expert.

Le rôle des ETF

La course aux nouveaux records historiques est toutefois semée d’embûches. La séance de vendredi en est un parfait exemple : à peine le Royaume-Uni a-t-il annoncé mettre en quarantaine les voyageurs revenant de France , que les places du Vieux Continent ont marqué le pas, mettant sous pression les indices américains. « Les marchés sont de moins en moins versés dans l’analyse des fondamentaux à chaque semaine qui passe », déplore Tangi Le Liboux d’Aurel BGC. A qui la faute ? « Aux investissements massifs réalisés via les ETF qui bénéficient aux plus gros poids dans les indices », indique l’observateur.

Pour expliquer cette remontée spectaculaire de Wall Street, il faut aussi regarder du côté du marché obligataire. Avec des taux réels négatifs, les investisseurs se tournent vers l’or quand ils cherchent de la sécurité, et vers les actions quand ils visent du rendement. « Les taux zéro (ou presque) transforment radicalement les stratégies en matière d’allocation d’actifs, ce qui offre un coussin de sécurité assez formidable aux actions », explique l’analyste d’Aurel BGC.

Source : les echos

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