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ABN Amro réduit la voilure dans la banque d’investissement

ABN Amro a annoncé mercredi une réduction drastique de ses activités de banque d’investissement (BFI) après avoir dévoilé une nouvelle perte trimestrielle sur fond de crise du coronavirus. La banque néerlandaise va se recentrer sur ses marchés domestiques dans une restructuration qui devrait réduire d’un tiers les actifs de sa BFI et affecter quelque 800 postes, sur un total de 19.000.

« Les activités de BFI ont besoin de plus de concentration et d’échelle, a déclaré Robert Swaak, venu en avril de PWC pour prendre les rênes du groupe . De plus, la BFI aura besoin de réduire le risque et d’adhérer à un profil de risque modéré », a-t-il ajouté, annonçant le retrait de toutes les activités non européennes, à l’exception de la compensation.

La restructuration d’ABN Amro, qui doit être détaillée en novembre, souligne les difficultés des Européens, qui peinent à avoir la taille critique dans la banque d’investissement. En France, Natixis a annoncé début août le départ surprise de son patron François Riahi et le lancement d’une revue stratégique, après une perte nette de 57 millions d’euros au deuxième trimestre.

Repli stratégique

Cette décision marque donc un tournant pour le groupe néerlandais, qui va ainsi sortir des Etats-Unis, d’Asie, d’Australie et du Brésil, tout en quittant les métiers de financement de matières premières, de ressources naturelles et de logistique. Dans le passé, ABN Amro, qui contrôle la banque privée française Neuflize OBC, visait une part de 20 à 25 % de résultat issue des activités internationales.

Le mouvement intervient alors que la banque, déjà visée par une enquête pour blanchiment d’argent en 2019, s’est trouvée exposée cette année à plusieurs clients tombés en faillite suite à des révélations de fraude comptable : le courtier en pétrole singapourien Hin Leong Trading ou le spécialiste allemand des paiements Wirecard.

La crise du coronavirus n’a pas aidé, creusant à 1,8 milliard d’euros le total des charges et provisions inscrites au premier semestre, contre 231 millions au premier semestre 2019. Au final, le groupe a enregistré une perte de 5 millions d’euros au deuxième trimestre, après celle de 395 millions au premier trimestre. Il table sur des charges totales de 3 milliards sur l’ensemble de l’année.

Démantèlement

Au faîte de sa gloire, ABN Amro avait fait l’objet en 2007 d’une bataille boursière spectaculaire entre le britannique Barclays et un consortium mené par le britannique Royal Bank of Scotland (RBS), le belgo-néerlandais Fortis et l’espagnol Santander, qui avait finalement emporté la mise pour 71 milliards d’euros. Le consortium avait ensuite été frappé par la crise financière.

ABN Amro avait alors été démantelé, ses activités néerlandaises se trouvant fusionnées avec Fortis Pays-Bas et sauvées par l’Etat néerlandais, qui contrôle aujourd’hui près de la moitié de son capital. Mercredi, la banque a vu son cours bondir de plus de 8 % en séance. En Bourse, elle vaut 4 milliards d’euros.

Source : les echos

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