Placement

Accord en Russie dans l’affaire du banquier français Philippe Delpal

Publié le 29 oct. 2020 à 13:44Mis à jour le 29 oct. 2020 à 13:45

C’est peut-être le début du dénouement d’une affaire perçue comme un symbole de la détérioration du climat pour les occidentaux faisant des affaires en Russie, et qui avait causé un imbroglio entre Paris et Moscou.

Après un an et huit mois de poursuites judiciaires, Baring Vostok a cédé. Le fonds d’investissement codirigé par le Français Philippe Delpal a signé mercredi un accord à l’amiable avec son ancien partenaire.

Baring Vostok paiera les 2,5 milliards de roubles (quelque 28 millions d’euros) au coeur de cette affaire initiée par son ex-allié Artem Avetisyan qui, pour l’emporter dans leur différend commercial, est soupçonné d’avoir porté au pénal ce conflit aux allures de règlement de comptes. Il a, de facto, pris le contrôle de leur banque commune, Vostochny Express.

Procédure judiciaire inhabituelle

L’accord met fin aux poursuites civiles, mais pas pénales. Le procureur a annoncé quelques heures avant sa publication que l’affaire sera jugée, et le procès pourrait commencer dès la fin novembre. Les plus optimistes à Moscou estiment que l’accord devrait accélérer la procédure judiciaire et annoncer une libération rapide pour Michael Calvey, fondateur américain du fonds.

Avec les six autres prévenus, dont Philippe Delpal , réputé banquier à Moscou en charge des services financiers de Baring Vostok, Michael Calvey a été arrêté le 14 février 2019. Depuis, ils ont été incarcérés, en détention provisoire puis en stricte assignation à résidence (aucune promenade extérieure, visites très restreintes, pas d’internet…).

Ces poursuites avaient jeté un froid entre Paris et Moscou. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait dénoncé « une épine » affectant la confiance franco-russe. « Un cas inadmissible », s’était indigné le ministre des Finances Bruno Le Maire.

Critiques de Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire

A Moscou, plusieurs personnalités libérales avaient pris publiquement la défense de Baring Vostok, dont l’ex-ministre des Finances Alexeï Koudrine, le PDG de la principale banque Sberbank German Gref, le président du patronat Alexandre Chokhine ou le directeur du fonds souverain Kirill Dmitriev.

Pour Baring Vostok, cet accord a le goût amer de la défaite. Au tribunal, lors des quelque 30 audiences préliminaires, Philippe Delpal et ses collègues n’ont eu de cesse de démontrer « l’absurdité » et « les mensonges » des accusations. Baring Vostok a été rattrapé par ce qui est souvent le quotidien des entreprises en Russie : un actionnaire se débarrasse d’un autre en le faisant mettre en prison.

Afin de renflouer sa banque Vostochny Express, le fonds s’était associé à Artem Avetisyan, banquier controversé. Celui-ci s’estimait lésé lors de la recapitalisation. Avant un arbitrage à Londres s’annonçant défavorable, il est soupçonné d’avoir voulu régler son litige au pénal grâce à des contacts haut placés dans les structures de forces de l’ordre et dans un système judiciaire peu indépendant. Jusque-là, aucun homme d’affaires occidental n’avait été arrêté dans ce type de règlement de comptes.

Source : les echos

Autres articles à lire

Banques : des primes « Covid » de 400 à 1.500 euros pour les salariés sur site

administrateur

Monedo, une autre fintech allemande en plein naufrage

administrateur

Gestion d’actifs : Société Générale et Amundi font évoluer leur partenariat

administrateur

La Chine et la tech tirent les marchés mondiaux à un plus haut historique

administrateur

Le crédit à la consommation tente de limiter la casse

administrateur

Entreprises en difficulté: les risques du prêt garanti

administrateur