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Après Deutsche Bank, HSBC s’allie avec un GAFA pour se déployer sur le cloud

Publié le 18 juil. 2020 à 11h06

L’heure est aux grandes manoeuvres pour les grandes banques internationales dans le cloud. Quelques jours après l’accord conclu par Deutsche Bank avec Google Cloud Services, HSBC vient de choisir Amazon Web Services (AWS) comme partenaire stratégique de long terme. Un contrat à la fois de portée mondiale et qui s’étale sur plusieurs années, a indiqué AWS sans en préciser le montant.

La banque britannique, qui travaille aussi avec Google Cloud Services et Microsoft Azure, donne ainsi un sérieux d’accélérateur en termes d’utilisation du cloud public. Elle a vocation à utiliser la technologie de la filiale d’Amazon sur l’ensemble de ses lignes de métiers, en commençant par les applications en contact direct avec les clients et la modernisation des applications existantes dans son activité de finances personnelles et de gestion de fortune.

L’utilisation du cloud public était jusque-là souvent cantonnée dans les banques à certains de leurs services, et souvent pour les nouveaux produits. Mais à l’image de HSBC, elles ont de plus en plus tendance à le généraliser à l’ensemble de leurs activités, sous la pression des nouveaux acteurs du secteur qui proposent des services à la fois faciles d’utilisation et largement personnalisés.

Innover à un rythme plus soutenu

L’essentiel de leur informatique reste néanmoins traité par de gros ordinateurs propriétaires (on parle dans le jargon de « mainframes »), qui sont à la fois sûrs et fiables, tout en étant faciles à appréhender pour les régulateurs.

Concrètement, l’infrastructure mondiale d’Amazon Web Services devrait permettre à HSBC de faire tourner ses applications et de les déployer avec davantage d’agilité, de fiabilité et de sûreté, tout en l’aidant à innover à un rythme plus soutenu.

La banque recourra à toute la gamme de services d’AWS, du stockage à l’analyse de données, en passant par le « machine learning » (processus d’intelligence artificielle capable d’apprendre tout seul) et la sécurité. De quoi l’aider à booster sa transformation digitale, mais aussi l’automatisation de ses process et la personnalisation de son offre.

HSBC compte plus de 90.000 serveurs dans le monde, servant plus de 39 millions de clients grâce à des data centers dans 21 pays. La banque avait indiqué en 2019 vouloir investir 17 milliards de dollars en technologie sur les trois prochaines années.

« L’église au milieu du village »

Hasard du calendrier ces annonces interviennent au lendemain d’une décision très remarquée de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) qui a fait tomber le principal cadre régissant les flux de données personnelles entre l’Europe et les Etats-Unis, tous secteurs d’activité confondus.

Etant une banque sino-britannique, et en raison du Brexit, HSBC n’est naturellement pas concernée.

Mais cette décision – que les banques du Vieux Continent doivent encore décortiquer pour en mesurer toute l’étendue – éclaire d’un autre jour les choix en matière de cloud.

Certaines optent pour un cloud dit « public » (lorsque l’on loue de l’espace sur les serveurs d’un prestataire) ou alors « privé » (lorsque la banque conçoit et utilise son propre système), des solutions intermédiaires existant (cloud « dédié »). « La décision européenne remet l’église au milieu du village », commente un banquier français.

Si on suit la logique de la CJUE « on remet le circuit court en informatique, on relocalise la gestion et la protection des données ». Dans cette mouvance locale, BNP Paribas avait expliqué l’an dernier travailler en partenariat avec IBM à la construction de son propre serveur dématérialisé .

Source : les echos

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