Placement

Arabie saoudite : le fonds souverain vise 1.000 milliards de dollars d’actifs en 2025

Publié le 25 janv. 2021 à 16:56

Le fonds souverain saoudien , le Public Investment Fund (PIF) veut continuer de croître malgré la crise sanitaire et économique mondiale. Ce fonds de 400 milliards de dollars ambitionne de gérer 1.070 milliards de dollars d’ici fin 2025, et veut donner la priorité au développement économique du royaume dans le cadre du projet « Vision 2030 » du prince héritier Mohammed ben Salmane. La part des investissements réalisés dans le pays va ainsi remonter de 70 % à 80 % du total de ses capitaux dans les 5 prochaines années. 13 secteurs prioritaires ont été définis : santé, tourisme, télécoms, alimentation, loisir, défense, infrastructures… Le fonds s’engage à investir 40 milliards de dollars localement par an d’ici 2025 et à créer 1,8 million d’emplois.

Attirer les capitaux étrangers

En parallèle, le PIF veut attirer des capitaux étrangers en nouant des partenariats notamment avec d’autres fonds souverains. Jusqu’ici les non-résidents investissaient surtout dans le secteur pétrolier, mais l’Arabie Saoudite souhaite attirer des groupes des secteurs de la technologie et de la santé pour réduire sa dépendance à l’or noir. L’année dernière, les recettes pétrolières ont en effet chuté d’un tiers et le PIB du pays devrait perdre près de 4 % selon Fitch ratings à cause de la crise économique mondiale provoquée par la COVID-19.

Grâce à ses investissements dans le royaume, « le fonds PIF devrait être en mesure de soutenir la croissance du pays et atténuer les mesures d’austérité du gouvernement pour limiter les déficits et la dette », souligne l’agence de notation. Elle estime qu’il devrait recevoir autour de 68 milliards de dollars dans les années à venir grâce à la cession de sa participation de 70 % dans Saudi Basic Industries Corporation. La poursuite de l’ouverture du capital de Saudi Aramco, détenu par l’Etat saoudien alimentera aussi les caisses du fonds souverain.

Aramco

Le groupe pétrolier saoudien, dont l’action a gagné 9% en 2020, « pourrait ouvrir encore son capital si la valorisation est correcte, a déclaré au Financial Times, Yasir Al Rumayyan, le président du PIF et du conseil d’administration d’Aramco. Historiquement Aramco a toujours tout fait par lui-même en créant son propre aéroport, sa flotte ou ses pipelines… Si cela fait sens, nous pourrions céder certains de nos actifs ».

La reprise des privatisations d’autres sociétés saoudiennes dont le fonds souverain est actionnaire va aussi augmenter ses liquidités, lui permettant de prendre des risques et générer du rendement. Cette année, le fonds envisage aussi d’emprunter 5 à 7 milliards de dollars pour financer ses investissements.

Le fonds qatari met le cap sur l’Asie

Le fonds souverain du Qatar veut investir en priorité en Asie (Chine, Singapour, Inde, Malaisie) et aux Etats-Unis, selon les déclarations du fonds à « Bloomberg TV ». Déjà très investi en Europe et Royaume-Uni (Barclays, Harrods, Canary Wharf) ce fonds souverain de 300 milliards de dollars veut diversifier ses placements. En 2020, il a pris des risques en investissant en mars dans la dette d’entreprises en difficultés et engrangé des profits significatifs, selon l’agence Reuters. La vente de sa participation dans Tiffany à LVMH lui aurait en outre rapporté près de 900 millions de dollars.

2,2% de rendement

Après avoir ralenti le rythme de ses investissements en 2019, le PIF a réalisé des placements opportunistes pendant la crise de la COVID-19. L’année dernière, le fonds a reçu 40 milliards de dollars de sa banque centrale, lui permettant de disposer de liquidités à placer. Profitant de la chute des cours durant la tempête de mars sur les marchés, il a pris des participations dans des sociétés européennes et américaines . 

En 2020, les fonds du Golfe persique ont plus que doublé leurs investissements aux Etats-Unis et à Wall Street à près de 15 milliards de dollars, contre 6,5 en 2019, selon le Sovereign Fund Institute. Mais l’année dernière, le rendement des fonds souverains de toutes origines (Golfe, Asie…) a été de seulement 2,2 % selon Global SWF après des performances à deux chiffres en 2019.

Source : les echos

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