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Assurance : les restaurateurs s’allient à Generali dans un contexte de tensions

Publié le 25 nov. 2020 à 18:41Mis à jour le 25 nov. 2020 à 19:04

A l’heure où de nombreux hôteliers et restaurateurs fulminent contre leur assureur, Generali s’offre un joli coup de publicité. Mercredi, plusieurs organisations professionnelles du secteur touché de plein fouet par les mesures de confinement ont annoncé qu’elles recommandaient une offre de l’assureur présentée comme « combinaison unique de solutions identifiées parmi les meilleures du marché ».

Cette offre conçue avec les groupes de protection sociale Klesia et Malakoff Humanis, partenaires historiques du secteur, comprend outre l’assurance professionnelle de Generali, un accompagnement des salariés en cas d’hospitalisation et un dispositif de soutien aux dirigeants d’entreprises en difficulté, développée avec des associations.

Pas de garantie contre la pandémie

Intervenant en pleine campagne de renouvellement des contrats d’assurance, cette annonce promet d’attiser les rivalités commerciales entre assureurs sur le terrain. Elle alimente aussi le débat épineux sur la mise en place d’un« partenariat public-privé » pour aider les entreprises contraintes à la fermeture en cas d’événement « hors norme ».

Car, en adoubant cette offre, les représentants des cafés, hôtels et restaurants qui avaient promis au printemps de trouver une solution d’assurance pour leurs adhérents, semblent se résigner au fait que les assureurs ne les couvriront pas à l’avenir contre les pertes provoquées par des événements ressemblant à la pandémie.

En effet, le contrat de Generali ne contient pas de garantie « pertes d’exploitation sans dommage » matériel couvrant contre une épidémie du type covid-19. « En tant qu’assureur on n’a pas la main sur la fermeture administrative, on n’a pas la main sur la situation sanitaire », a reconnu mercredi Jean-Laurent Granier, le PDG de Generali France, en ligne avec la position du secteur sur le sujet.

Aujourd’hui, des assureurs sont seulement prêts à couvrir certaines situations très ciblées, par exemple la fermeture d’un restaurant en cas d’intoxication alimentaire d’un des clients.

« Effet psychologique »

« Le contrat [de Generali] n’apporte rien de supplémentaire par rapport à ce qui existait auparavant [sur la perte d’exploitation], concède Hervé Bécam, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), une organisation très critique vis-à-vis des assureurs ces derniers mois. Simplement, il y a un effet psychologique, certains entrepreneurs ne veulent plus entendre parler de leur assureur actuel. Donc ils veulent changer d’assureur même si les garanties ne sont pas fondamentalement différentes. »

A l’approche de la fin de l’année et du renouvellement des contrats d’assurance, les tensions peuvent être fortes sur le terrain entre assureurs et clients. Car, depuis quelques semaines , les assureurs demandent à un certain nombre d’entreprises de signer des avenants précisant, entre autres, que leurs garanties pertes d’exploitation ne pourront pas jouer dans des circonstances comparables à celles que les sociétés connaissent actuellement. Faute d’accord sur ces nouvelles conditions, les clients devraient voir leurs contrats résiliés.

Les organisations représentant le secteur de l’hôtellerie-restauration n’hésitent pas à parler de « vague de résiliation de certains assureurs ». Les clients concernés par ces problématiques ont reçu une lettre de leur assureur en amont d’une éventuelle résiliation, fait-on valoir du côté des assureurs, mais la situation ne se décantera qu’en fin d’année. « Aujourd’hui, on a déjà plus de 1 client sur 2 concernés par l’échéance du 1er janvier qui ont accepté (de signer un avenant) et on en a un peu plus de 40 % qui sont en train de réfléchir », temporise un grand assureur.

Source : les echos

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