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Assurance-vie: CNP maintient le cap sur les contrats plus risqués

Numéro deux de l’assurance-vie en France, CNP Assurances, rattaché depuis peu à La Banque Postale, a annoncé vendredi un chiffre d’affaires en recul de 17 % sur un an au premier trimestre, tiré par une baisse de 25 % des revenus enregistrés dans l’Hexagone.

Cette chute du chiffre d’affaires reflète une décollecte de 1,3 milliard d’euros en assurance-vie sur la période. Celle-ci ne s’explique pas seulement par le confinement et la fermeture de nombreuses agences dans lesquelles sont distribués les produits de CNP Assurances. Le repli du chiffre d’affaires en France traduit d’abord « les mesures prises dans le courant du dernier trimestre de 2019 pour faire face aux taux très bas voire, négatifs », a expliqué le directeur général du groupe Antoine Lissowski, vendredi.

Pas de retraits importants

Comme un grand nombre d’assureurs, CNP a décidé de détourner les épargnants des contrats d’assurance-vie « en euros », assorti d’une garantie en capital, pour promouvoir les contrats d’assurance-vie en unités de comptes (UC), notamment investis en actions. Potentiellement plus rémunérateurs pour les épargnants mais aussi plus risqués, ces contrats sont plus intéressants pour les assureurs. Ils leur rapportent des commissions élevées et sont beaucoup moins coûteux en fonds propres que les fonds euros.

Alors que le début d’année a été marqué par de fortes turbulences sur les marchés financiers, « il n’y a pas eu de retrait [d’épargne] importants », assure Antoine Lissowski. Il n’empêche, avec le « durcissement de la politique de souscription », les épargnants, contraints de prendre des UC et donc un certain risque, n’ont pas garni leurs contrats d’assurance-vie . Au contraire. La collecte nette sur les contrats en euros a baissé de 1,6 milliard d’euros en France. Dans le même temps, les UC ont progressé de 300 millions d’euros.

Pas de relâchement sur la promotion des unités de compte

« L’effort pour vendre des unités de comptes ne va pas être relâché », a cependant assuré vendredi Antoine Lissowski. Habituellement frileux vis-à-vis des placements financiers risqués, potentiellement échaudés par les secousses des marchés, et enclins à garnir avant tout leur Livret A , les Français pourraient continuer à être rétifs aux UC.

Pour les rassurer et séduire la clientèle de La Banque Postale, dont une bonne partie est populaire, CNP compte promouvoir des UC « beaucoup plus sécurisées », notamment investies en immobilier et des produits structurés. Le groupe aimerait aussi encourager les épargnants à déléguer davantage la gestion de leur portefeuille à des professionnels (en développant la gestion sous mandat).

Baisse du ratio de solvabilité

La décollecte n’empêche pas le groupe d’engranger d’importants revenus sur l’épargne en stock. « Le renouvellement des encours étant très très lent et progressif, la baisse de la production actuelle est de deuxième ordre », a d’ailleurs rappelé Antoine Lissowski pour convaincre du caractère « extrêmement résilient » de son modèle économique. Les résultats du groupe portent cependant la marque de la crise. Du fait des évolutions défavorables des marchés, le ratio de solvabilité, bien qu’encore à un niveau élevé, est passé de 227 % en fin d’année dernière à 218 % à la fin du premier trimestre.

Le résultat net du groupe a quant à lui baissé de 8,2 %. Cette baisse reflète notamment les engagements pris par le groupe pour soutenir les assurés touchés par la crise sanitaire, comme l’indemnisation des personnes forcées d’arrêter de travailler pour garder leurs enfants et la contribution au fonds de solidarité créé au bénéfice des TPE et indépendants. Vendredi après-midi, le cours de Bourse de l’assureur baissait de -0,35 %.

Source : les echos

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