Placement

Assurance-vie : la baisse des rendements se confirme

Publié le 21 janv. 2021 à 7:00

La baisse de la rémunération de l’assurance-vie traditionnelle, placement très prisé des Français, se confirme. Mercredi, l’importante association d’épargnants Afer, a annoncé que le taux de rendement de son contrat d’assurance-vie emblématique s’élevait à 1,70 % en 2020, contre 1,85 % un an plus tôt.

Soucieuse de choyer ses quelque 760.000 adhérents, l’Afer, qui devrait bientôt changer d’assureur partenaire compte tenu de la vente d’Aviva France , se targue d’offrir un taux « parmi les tout meilleurs du marché », selon son président Gérard Bekerman.

Il n’empêche, le nouveau recul de la rémunération de ce produit montre à quel point les contrats d’assurance-vie traditionnelle, c’est-à-dire les « fonds en euros » assortis d’une garantie en capital, peinent à faire fructifier les économies des épargnants. Et ce, alors qu’ils représentent l’essentiel de quelque 1.800 milliards d’euros d’encours de l’assurance-vie française.

L’écart se réduit avec le Livret A

Déjà en 2019, le rendement moyen du fonds euros était passé à 1,43 % contre 1,86 % un an plus tôt, selon le gendarme des assurances. Cette année, les taux affichés par ce produit devraient, aux dires de professionnels, continuer à se rapprocher de 1 % et réduire l’écart avec la rémunération offerte sur le Livret A (0,50 %).

Pour l’heure, seule une poignée d’assureurs a fait la lumière sur ses taux. Cependant, la tendance est clairement à la baisse comme l’attestent les annonces de l’association Gaipare, assurée par Allianz, (avec un taux de 1,90 % contre 2,15 % en 2019), de GMF Vie (1,65 % vs 1,90 %), de Macif (1,25 % vs 1,50 %) ou encore de Maif Vie (1,30 % vs 1,50 %).

Pas de protection du pouvoir d’achat

Cette nouvelle plongée n’est pas une surprise. Les ravages économiques provoqués par le Covid-19 tirent les taux d’intérêt encore vers le bas. Résultat : il est de plus en plus difficile pour les assureurs de dégager du rendement pour les assurés vie.

Longtemps synonymes de sécurité, de liquidité et de rendement, les fonds euros perdent donc de leur superbe. Surtout si on tient compte de l’inflation. « Pour plusieurs années, les fonds en euros ne vont pas être en mesure de fournir un rendement qui protège le pouvoir d’achat », souligne Guillaume Prache, délégué général de la fédération d’associations d’épargnants Faider, précisant qu’il « y aura fort heureusement des exceptions ».

L’Afer prête à des évolutions de son fonds euros

Embarrassés par un produit qui leur coûte cher en fonds propres, nombre d’assureurs cherchent désormais à promouvoir les alternatives au fonds euros, avec notamment des contrats en unités de compte (supports sans garantie en capital).

Les associations d’épargnants, dont l’Afer et Gaipare, se montrent ouvertes à des évolutions. « La problématique des frais va se poser de plus en plus car c’est ce qui contribue à générer du rendement négatif », assure Olivier Rozenfeld, le président du groupe Fidroit qui accompagne des professionnels du patrimoine.

Le patron de l’Afer défend sa neutralité

Le président de l’association d’épargnants, Afer, Gérard Bekerman, s’est attaché mercredi à défendre sa neutralité vis-à-vis des candidats à la reprise de son partenaire assureur, Aviva France. « Nous attendons sagement tous les candidats et nous verrons avec le conseil d’administration qui est le meilleur », a déclaré Gérard Bekerman, tout en disant que le repreneur idéal devrait être « ouvert sur l’international ». Après s’être montré hostile à l’offre de reprise d’Allianz et d’Athora à l’automne, le patron de l’association a déclaré dans les « Echos » que leur offre lui apparaissait désormais « de nature à répondre aux intérêts de l’Afer ». Cette déclaration a suscité l’ire du syndicat des agents généraux d’Aviva, qui penche pour une reprise par l’assureur mutualiste Macif désormais chapeauté par le groupe Aéma.

Source : les echos

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