Placement

Aux Etats-Unis, les faillites se multiplient mais les bonus demeurent

Publié le 24 juil. 2020 à 17h22Mis à jour le 24 juil. 2020 à 18h11

Ce n’est pas la crise pour tout le monde, aux Etats-Unis. Plusieurs sociétés s’étant placées sous le régime des faillites ces dernières semaines ont accordé des bonus, juste avant ou juste après, à leurs dirigeants. Un procédé qui choque, même s’il est plutôt courant outre-Atlantique. Selon une analyse de Reuters, près d’un tiers des entreprises ayant demandé le statut de protection du régime des faillites pendant la pandémie ont distribué des bonus, dans un délai d’un mois après le dépôt de leur dossier. Et la moitié l’ont fait dans un délai de six mois.

La loi américaine de 2005 sur les faillites les en empêche, en théorie. Mais elles ont profité d’un vide juridique pour prévoir ces paiements avant de faire faillite. C’est ainsi que le distributeur JC Penney a distribué 7,5 millions de dollars à ses dirigeants, dont sa patronne Jill Soltau, pour les « inciter à rester dans l’entreprise en ces temps difficiles ». La société souligne que la direction, « talentueuse, a fait des progrès dans le chiffre d’affaires avant la pandémie ». La chaîne de magasins a, dans le même temps, fermé 152 points de vente et licencié 1.000 salariés. Près de 78.000 employés, sur un total de 85.000 se sont, en outre, retrouvés au chômage technique…

Quelques jours avant

L’un de ses concurrents, Neiman Marcus, a fait de même : ce sont 4 millions de dollars qui sont allés dans les poches de son PDG Geoffreoy van Raemdonck, et 4 autres millions dans celles de ses plus proches collaborateurs, alors que ses 67 magasins étaient temporairement fermés et que plus de 11.000 salariés étaient au chômage technique. Et le loueur de voitures Hertz a attribué 1,5 million de dollars à ses dirigeants quand il licenciait 14.000 personnes – des primes de rétention qui s’élevaient même, au total, à 16,2 millions de dollars pour 340 de ses salariés ayant le rang de directeur. Enfin, le pétrolier Chesapeake, écrasé par la dette , a donné 25 millions de dollars à ses dirigeants.

Dans le cas de JC Penney, Hertz et de six autres entreprises, les bonus ont été décidés dans la semaine précédant le dépôt du dossier devant le tribunal, alors même que les rumeurs au sujet de leurs difficultés se multipliaient. « Les paiements ont été décidés à ce moment précis pour qu’ils n’aient pas à vous être présentés », a reconnu un avocat de JC Penney lors d’une audition au tribunal. Bloomberg, de son côté, arrive au total de 131 millions de dollars de bonus distribués par les entreprises en faillite.

Des paiements en cash

La pratique n’est pas rare. Quelques jours avant sa faillite, qui avait conduit à la fermeture de tous ses magasins, le marchand de jouets Toys’R’Us avait voté le paiement de 8,2 millions de dollars à son patron et son cercle proche. Le plan avait été approuvé par le tribunal, qui ne peut s’opposer aux décisions des entreprises qu’une fois que celles-ci se sont déclarées en faillite. Certains, dans le camp démocrate, réclament un changement de la loi pour que ces bonus puissent être rendus une fois la procédure de sauvegarde enclenchée.

Les sociétés privilégient les paiements en cash car elles savent que l’action va être chahutée. Et elles se justifient, en général, par la nécessité de conserver une certaine stabilité en temps de crise, même s’il s’agit ainsi de récompenser une stratégie qui ne s’est pas avérée payante.

Ainsi, certains distributeurs américains étaient déjà en difficultés avant la crise du coronavirus, n’ayant su s’adapter à la concurrence des ventes en ligne, par exemple. La pandémie n’a fait qu’accélérer leur chute .

Source : les echos

Autres articles à lire

Au premier semestre, les résultats de Crédit Mutuel Alliance Fédérale divisés par deux

administrateur

Le réassureur SCOR quitte la Fédération Française de l’Assurance

administrateur

Rémy Weber quitte la direction de La Banque Postale

administrateur

Les créanciers de l’Argentine parlent désormais d’une seule voix

administrateur

Aux sièges des banques, un salarié sur cinq est revenu au bureau

administrateur

Complémentaires santé : les associations dénoncent le manque de clarté des contrats

administrateur