Placement

Avec le Covid, la consolidation s’accélère dans le « private equity »

Publié le 22 oct. 2020 à 6:25

La crise sanitaire contraint les fonds d’investissement aux grandes manoeuvres. Ce jeudi, deux acteurs historiques français UI Investissement et Sofimac, annoncent entrer en négociations exclusives en vue de fusionner. « En nous rapprochant, notre objectif est de former un groupe au poids institutionnel plus important, qui accroisse encore la confiance des investisseurs et nous donne les moyens d’accélérer notre croissance », expliquent Pascal Voulton, le président de Sofimac, et Olivier Jarousse, associé gérant d’UI Investissement.

Si l’AMF donne son accord, le nouvel ensemble pèsera 1,75 milliard d’euros d’actifs, avec l’objectif de doubler rapidement. « Croître est devenu vital dans le ‘private equity’. A défaut, vous devenez limités dans vos capacités de réponse aux demandes d’investissement des entreprises », indiquent-ils. Ensemble aussi, ils pourront plus facilement lever des fonds. « Les investisseurs souhaitent investir des montants minimaux, mais sans peser trop dans les fonds. Ils privilégient les grands. Tout plaide pour une concentration du marché », disent les deux dirigeants.

Prime à la taille

La prime des investisseurs va de fait à la taille. Entre 2015 et aujourd’hui, la part des fonds ayant levé plus de 5 milliards de dollars est passée de 20 à 40 % dans le non-coté, et celle ayant levé plus de 10 milliards de 8 à 27 %, souligne Arnaud Minvielle, directeur associé senior de McKinsey. Autre facteur qui pousse à la consolidation : la taille permet d’être plus efficace. « Les investisseurs cherchent des rendements réguliers. Or la stabilité de la performance diminue. Entre 2000 et aujourd’hui, la probabilité qu’un fonds de rendement de première catégorie (premier quartile) conserve sa position est passée de 40 % à 30 %, celle qu’il tombe dans la dernière de 5 à 20 %. »

Signe de la dynamique enclenchée, cette transaction succède à celle, annoncée la semaine dernière, entre Alantra et Indigo Capital . La société d’investissement espagnole a pris 49 % du gérant dédié aux PME européennes de 500 millions d’euros d’actifs. En s’adossant, Indigo Capital va profiter du réseau d’Alantra pour ses levées, alors que la pandémie a ralenti de nombreux projets en Europe. Indigo a levé 300 millions contre les 350 millions attendus, et a enregistré le retrait de deux souscripteurs. Alantra a fait de la prise de participation dans des sociétés de gestion une stratégie à part entière, après son entrée fin 2018 dans le français Access Capital.

Prises de participations minoritaires

Cette stratégie dite de « GP staking » (prise de participation dans des sociétés de gestion) est en pleine accélération avec la pandémie. L’appel d’air est d’autant plus fort dans l’univers des équipes de taille moyenne. « Avec la crise, on assiste à une forte diminution du nombre de levées de ces fonds, car les investisseurs sont plus prudents. Ces fonds ont donc besoin de s’adosser », explique François Aguerre, chez Coller Capital.

Du côté des acquéreurs, certains grands noms en ont fait une stratégie à part entière. Blackstone a ainsi pris une participation dans BC Partners et Dyal Capital a pris des participations successives dans Veritas Capital et CrossHarbor. « La course à la taille des grands fonds atteint ses limites, et certains considèrent la croissance externe, même sur un mode minoritaire, comme un moyen de grandir », poursuit François Aguerre.

Source : les echos

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