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Aviva France attise les appétits de fonds d’investissement et assureurs

Publié le 18 nov. 2020 à 18:03

Officiellement, la filiale française de l’assureur britannique Aviva, et ses 115 milliards d’euros d’actifs, n’est toujours pas à vendre. Et pourtant, les candidats y croient plus que jamais. Les assureurs et les fonds révisent leurs alliances et se tiennent prêts au déclenchement des enchères, après l’abandon des « discussions privilégiées » entre Aviva et le tandem Allianz-Athora , fin octobre.

L’Italien Generali, qui discutait avec le fonds britannique CVC d’une alliance, préfère ainsi faire cavalier seul ou s’allier à un autre partenaire, de sources concordantes. Le fonds britannique Cinven, qui est associé à l’assureur transalpin dans l’assurance-vie en Allemagne après y avoir racheté 90% de ses activités en extinction, s’est aussi is sur les rangs.

En parallèle, l’ancien patron d’Aviva en France, Philippe Maso tenterait de fédérer des fonds d’investissement. Parmi les noms cités figure l’Américain Sixstreet, une plate-forme de dette issue du géant américain TPG. Celle-ci intervient via son spécialiste en acquisitions de portefeuilles d’assurance-vie en extinction, l’helvético-britannique ELG… dirigé par l’ancien responsable de la stratégie d’Athora, Deepak Rajan.

Portefeuilles d’assurance-vie

Egalement en lice, un poids lourd britannique du capital investissement, Apax. Ce dernier a racheté l’assureur-vie portugais Vida en octobre 2019 pour le transformer en « plate-forme de consolidation » européenne, baptisée GamaLife. Le nom du géant américain Blackstone, par ailleurs intéressé par l’assurance-vie de Milleis (ex-Barclays en France), circule aussi.

Mais l’ouverture est étroite pour tous ces candidats. Comme le duo formé par l’allemand Allianz et la société basée aux Bermudes Athora (par ailleurs appuyée par le fonds Apollo), ces prétendants risquent de subir la fronde de Gérard Bekerman le président de l’association d’épargnants, Afer, partenaire clé d’Aviva en France. Celui-ci n’a pas hésité à pointer du doigt « l’enfer » que pourrait représenter le transfert de leur épargne dans un « paradis réglementaire ou fiscal » .

Surtout, les candidats font face à l’assureur mutualiste français Macif. « La préférence du vendeur va au groupe français, comme celle de l’Etat et de l’Afer », croit comprendre un concurrent. L’assureur mutualiste offrirait non seulement une solution « tricolore », politiquement moins risquée, mais aurait placé la barre très haut en termes de prix. Selon des sources, il aurait formulé un prix de l’ordre de 3,5 milliards d’euros pour tenter de casser l’exclusivité du tandem dont l’offre se serait, elle, montée autour de 3 milliards.

Les autres candidats croient toutefois dans leurs chances. « Il ne faut pas sous-estimer les questions de gouvernance chez les groupes mutualistes et la décision qui sera prise une fois les livres d’Aviva France ouverts », dit un autre acteur, s’interrogeant sur la rentabilité réelle des activités. D’ailleurs, Allianz resterait intéressé, tout comme la plate-forme Athora, qui attend qu’Aviva France fasse la transparence sur ses comptes.

Source : les echos

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