Placement

Aviva France : la Macif, Generali et CVC en embuscade face à Allianz et Athora

Publié le 25 oct. 2020 à 12:15

La nervosité grimpe autour du projet de vente d’Aviva France. Les négociations « privilégiées » engagées par le groupe d’assurance britannique pour céder sa filiale française au tandem formé par le géant allemand de l’assurance Allianz et l’assureur bermudéen Athora , filiale du fonds d’investissement Apollo, expirent fin octobre, de sources concordantes. A quelques jours de l’échéance, les syndicats d’Aviva France et l’Afer, la puissante association d’épargnants partenaire de l’assureur, mobilisent tous leurs relais, y compris politiques, pour déclencher un tir de barrage.

D’autres candidats sont en embuscade. L’assureur Macif en tête. Si le groupe mutualiste français n’a pas pu entrer en discussions avec Aviva, il travaille déjà, selon nos informations, à une solution de financement avec Crédit Suisse. L’échec de ses discussions avec la Matmut en 2016 n’ont pas eu raison de ses ambitions. Dirigé par le jeune Adrien Couret , l’assureur affiche une claire volonté de développement. En témoigne son rapprochement avec le groupe de mutuelles Aésio , positionné sur la santé et la prévoyance.

Opération entre 3 et 4 milliards

Avec Aviva France, le poids lourd de l’assurance automobile s’affirmerait dans l’assurance dommages des entreprises et se renforcerait en assurance-vie. A rebours d’autres assureurs, les fonds euros de l’Afer – ces contrats offrant une garantie en capital de plus en plus coûteuse avec les taux bas – ne feraient pas peur au mutualiste, moins sous pression pour l’utilisation de ses fonds propres qu’un assureur « capitaliste ». Autres atouts de la Macif, elle a le soutien des syndicats et son projet correspondrait aux attentes de l’Afer. Resterait toutefois à financer une opération estimée entre 3 et 4 milliards d’euros.

Un autre tandem lorgne le dossier. Selon nos informations, le fonds d’investissement britannique CVC Capital Partners, qui a acheté l’an dernier le courtier en assurance lyonnais April , et Generali se sont rapprochés pour préparer une offre. Dans cette configuration, l’assureur italien prendrait 30% d’une holding absorbant Aviva France, tout en reprenant certains actifs d’assurance dommage. L’ex-patron d’Aviva France, Philippe Maso, se pose en conseil des deux candidats.

L’Afer en campagne contre Athora

Cette ouverture potentielle du jeu va dans le sens de Gérard Bekerman. Décidé à peser dans le processus , le président de l’Afer a jugé mi-octobre dans « Les Echos » que ses 760.000 adhérents subiraient un « enfer » si leurs économies devaient être gérées depuis «un paradis réglementaire ou fiscal» comme les Bermudes. Le nom d’Athora n’est pas lâché , mais le partenaire de circonstance d’Allianz, qui pousse ses pions en Europe, est clairement visé car c’est aux Bermudes que sa tête de pont est domiciliée.

Cette sortie, implicitement adressée au superviseur français (ACPR) qui devra donner son accord à la cession, a ému jusque dans les rangs de la majorité. Mercredi, plusieurs députés d’En Marche ont écrit au ministre des Finances, Bruno Le Maire, se disant « inquiets » pour l’emploi des 4.500 salariés d’Aviva France, « l’épargne de nos concitoyens » et « le budget de l’Etat ». De quoi satisfaire les syndicats d’Aviva France, qui s’opposent à « un démantèlement de l’ensemble dans une perspective purement financière de court terme ».

Politiques inquiets

Les deux partenaires financiers envisageraient de fait une séparation des activités hexagonales d’Aviva. L’assurance-dommages serait conservée par Allianz, tandis qu’Athora reprendrait les activités d’épargne et le portefeuille de 55 milliards d’euros de l’Afer. En grande partie constitué d’assurance-vie en euros celui-ci est par ailleurs réputé peu margé et particulièrement généreux pour les épargnants.

Dans un scénario, agité comme un chiffon rouge par ses détracteurs, Athora pourrait y trouver son compte en gérant l’affaire en « run off » ou extinction , avec une structure de coûts très allégée. Le sujet est suivi de près sur la Place, même si certains doutent de la possibilité réelle de scinder Aviva France tant ses agents travaillent avec l’Afer. Athora peut compter sur Thomas Stoddard, son directeur financier recruté chez Aviva fin 2019. Et aussi sur la pression qui s’accroît sur Amanda Blanc, la nouvelle patronne du groupe britannique, pour faire la preuve du recentrage qu’elle a annoncé début août .

Source : les echos

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