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Barclays sous le coup d’une enquête pour espionnage de ses salariés

A l’heure de la pandémie et de la généralisation du télétravail dans les entreprises, voilà des pratiques qui ne lassent pas d’étonner. Au Royaume-Uni, le gendarme de la protection des données (Information Commissioner’s Office ou ICO) a ouvert une enquête après l’utilisation par la banque Barclays d’un logiciel permettant d’espionner ses salariés.

L’établissement britannique a utilisé pendant dix-huit mois un programme, développé par la société Sapience Analytics, permettant au personnel d’encadrement de la banque de surveiller la productivité de ses salariés, en comptabilisant par exemple les temps de pause, la durée passée devant l’écran, ou encore le temps pris pour accomplir certaines tâches. Il était également possible de cibler certaines personnes en particulier.

« Big Brother »

L’affaire, révélée en février par la presse anglaise , avait fait scandale à la City. L’organisation fédératrice des syndicats britanniques, le Trade Union Congress, s’était indignée de pratiques dignes « de Big Brother et révélatrices d’un mépris total pour le travail des salariés ». Face à la fronde, Barclays avait dû faire machine arrière, non sans rappeler que « ce type de technologie [était] largement employé dans l’industrie pour aider à identifier les opportunités d’amélioration des process ».

Trois ans plus tôt, la banque avait été épinglée, avec Lloyds Bank, pour avoir équipé ses bureaux de « mouchards » de détection de chaleur et de mouvement.

La surveillance électronique des salariés n’est pas à proprement parler interdite, a rappelé l’ICO dans une déclaration. « Mais les entreprises doivent être claires sur l’objet de cette surveillance et les bénéfices attendus. Et les salariés tenus au courant de la nature, de l’étendue et des raisons » de ce type de programme. « Les individus ont le droit à une part de vie privée sur leur lieu de travail », a souligné un porte-parole de l’ICO, cité par les agences de presse.

Barclays, qui avait elle-même alerté le régulateur britannique après les protestations des salariés, encourt une amende pouvant représenter jusqu’à 4 % de son chiffre d’affaires annuel. Malgré le Brexit, le Royaume-Uni est en effet encore soumis aux strictes règles de protection des données (RGPD) en vigueur dans l’Union européenne.

En marge de cette enquête, l’établissement britannique est par ailleurs sous les feux de l’actualité judiciaire, avec l’ouverture d’un procès à Londres il y a quelques semaines pour des accusations de sexisme dans la banque. Les faits remontent à la fin des années 2000.

Source : les echos

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