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Bientôt un SP-95 à 2 € ?

Publié à l’origine sur la Bourse au quotidien.fr

Le litre de SP-95 pourrait très bientôt atteindre les 2 €. Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg de factures énergétiques toujours plus salées…

Quand on parcourt la presse économique depuis la rentrée, la thématique « énergie » ne cesse de prendre de plus en plus de place dans les éditoriaux, à tel point que cela finit par ressembler au type d’ambiance qui régnait lors du second choc pétrolier de 1979, dû à l’éclatement du conflit irano-irakien.

Des chiffres plus impressionnants que ceux du second choc pétrolier
Rendez-vous compte qu’à l’époque, le prix de l’essence avait augmenté de 15,7% au cours de l’année, celui du gaz de 16,3%… et cela avait provoqué une émotion immense !

En 2021, si la hausse de l’essence s’était arrêtée à +16% et celle du gaz à +25% fin septembre, tout le monde signerait au bas de la feuille !

Mais le baril de pétrole prend +60% en 9 mois et 10 jours, le sans plomb 95 affiche +18% depuis le 1er janvier, le gazole +22%… et le gaz a augmenté de près de +60%.

L’accélération devient parabolique puisque sur 4 semaines, le sans plomb 95 prend +3,5%, le gazole +6,6% !

Il ne faut pas oublier que dans un litre de sans plomb ou de gazole, les taxes représentent 64%, soit 1,1 € pour le SP-95 (pour un litre à 1,64 €) et 1,05 € pour le diesel.

Autrement dit, en appliquant une petite « règle de 3 », si le baril de (c’est la référence en Europe) atteint les 90 $, le litre de SP-95 atteindra 1,83 € en moyenne et 2,00 € sur l’autoroute, soit 10% de hausse du brut (0,48 € par litre), plus 0,21 € (marge distributeur), plus +64% de taxe (1,15 €), plus 10% de surcoût « autoroute ».

Troquer son véhicule contre du 100% électrique n’est plus si rentable
La barre des 2 € a déjà été franchie dans une station du 16e arrondissement de Paris où ce prix ne fait pas frémir ceux qui font le plein de leur Porsche ou de leur Bentley, mais s’il s’agit de faire deux pleins par mois pour aller au boulot en province dans une Clio, ça commence à piquer.

Il y a six mois, ceux qui plaidaient pour un basculement vers la mobilité électrique n’auraient eu aucun mal à convaincre les conducteurs de véhicules thermiques de le troquer contre un « zéro émission » pour éviter le coup de massue à la pompe. Mais le prix de l’électricité progresse désormais de 4% depuis le 1er janvier et pourrait prendre 10% de plus début 2022, car le coût de la tonne de Co² (crédits carbone) a doublé en un an, et cela s’ajoute aussi au prix l’énergie produite au gaz, qui vient en appoint des périodes où les éoliennes sont privées de vent et les panneaux photovoltaïques privés de soleil la nuit et lors des journée grises en hiver.

Alors bien sûr, le gouvernement, qui redoute un épisode « Gilets Jaunes bis« , promet de compenser en partie la hausse des « tarifs réglementés », qui ont rapporté 2 Mds€ supplémentaires au travers des taxes sur l’énergie. Il s’agit d’une simple redistribution d’un surcroît de recettes, mais nos industriels n’en bénéficieront pas.

Donc, même si les salariés touchent des aides pour se rendre à leur travail en voiture et pour se chauffer, les coûts de production vont continuer de se renchérir et de peser sur l’inflation.

Une pénurie de charbon « orchestrée » en Chine
Mais, l’industrie, c’est un élément relativement marginal de la hausse des prix des biens manufacturés en France. Ce qui pèse vraiment, c’est le prix des biens importés… notamment de Chine.

Et là, c’est l’éléphant dans le corridor… Après trois décennies de contribution déflationniste, la Chine exporte désormais de l’inflation par le jeu d’une véritable pénurie d’électricité (même après avoir interdit le minage du ), en partie due à un rationnement de la ressource « charbon » orchestré par le gouvernement chinois lui-même depuis le mois de décembre 2020, afin de réduire ses émissions carbone qui lui coûtent de plus en plus cher en pénalités.

Mais au fond, il n’y a pas de pénurie de charbon puisque la Chine dispose encore de plusieurs décennies de réserves prouvées de charbon, sans parler de celui qu’elle importe d’Australie, d’Indonésie et de Russie (1er fournisseur de gaz… également impacté par les taxes carbone).

La reprise économique (hausse de la demande) explique en partie la hausse des prix de l’énergie, mais la hausse du coût des crédits carbone a littéralement un « effet turbo » sur les coûts de production en Chine (30% des émissions de Co² mondiales), ce qui produit un « effet de second tour »… et nous voyons se manifester avec brutalité « l’effet de 3e tour » avec les pénuries de pièces industrielles et de composants électroniques en provenance de Chine.

Source : investing

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