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BNP Paribas tient le choc grâce à sa banque d’investissement

Publié le 31 juil. 2020 à 7h03

Les analystes l’avaient pressenti ces dernières semaines. Grâce à la grande diversification de ses métiers, une très forte performance de sa banque de financement et d’investissement (CIB) et malgré une nouvelle hausse de ses provisions, BNP Paribas a traversé le deuxième trimestre avec moins d’encombres que ses grands concurrents, selon des chiffres publiés ce vendredi matin.

Son résultat net part du groupe ressort à 2,3 milliards d’euros, en repli de 6,8 % sur un an. Là où Santander a enregistré des pertes historiques , et alors que Deutsche Bank a fini le trimestre juste en dessous de la ligne de flottaison.

Plus de 250 milliards de financements aux entreprises

« Notre modèle de banque diversifiée a démontré toute son efficacité pour soutenir les clients et l’économie face à une crise sanitaire inédite », a indiqué dans un communiqué Jean-Laurent Bonnafé, administrateur directeur général de BNP Paribas. La première banque de la zone euro par les actifs revendique avoir « organisé » plus de 250 milliards d’euros de financements aux entreprises au cours du trimestre écoulé, dont 166 milliards d’euros en Europe.

Aussi, malgré deux mois de confinement et la mise à l’arrêt de l’économie sur la moitié du globe, la banque affiche un produit net bancaire en hausse de 4 % à 11,7 milliards d’euros et des frais de gestion en baisse de 1,3 %, conduisant à un net rebond du résultat brut d’exploitation.

Bonne santé du « fixed income »

L’effet économique de la pandémie de Covid-19 se fait tout de même sentir, le coût du risque augmentant de 826 millions sur un an. Il s’agit pour partie de risques non avérés provisionnés par prudence (à hauteur de 329 millions d’euros), le solde (497 millions) correspondant bel et bien à des incidents de paiement, signe que la crise commence à faire souffrir les entreprises.

Autre marqueur : sur les marchés domestiques, les activités de banque de détail, restées bénéficiaires, voient leur résultat avant impôt chuter de 43,4 % en France, de 28,8 % en Italie et de 25,2 % en Belgique.

Si la banque tient le choc, elle le doit en très grande partie à sa banque de financement et d’investissement, dont les revenus trimestriels ont bondi de 33,1 % sur un an, à 4,1 milliards d’euros, dégageant un résultat avant impôts de 1,5 milliard (+50 % sur un an). Les deux autres grands pôles de BNP Paribas (« domestic markets » et « international financial services ») ont vu leurs revenus baisser de 5 % sur la période.

« CIB enregistre un niveau extrêmement soutenu d’activité de toutes ses clientèles du fait des besoins spécifiques des entreprises et des institutionnels dans la crise sanitaire », se félicite le groupe. Le trimestre est marqué par la santé olympique de la division « fixed income » (revenus en hausse de 153,8 % sur un an).

Environnement très changeant

Enfin, l’activité « equity and prime services » (où sont logés les dérivés actions) « se redresse progressivement mais les revenus restent néanmoins en retrait de 52,8 % par rapport au deuxième trimestre 2019 », souligne BNP Paribas.

Reste que ces performances du deuxième trimestre ne sont pas directement reproductibles, tant l’environnement économique change de mois en mois. Le premier trimestre a été marqué par l’effondrement des marchés. Le second par le confinement et les besoins massifs de financements.

Le troisième sera-t-il celui d’une reprise « en V » ? BNP Paribas se garde bien de faire des prévisions. Début mai, elle avait dit s’attendre à un recul de 15 à 20 % de son résultat net pour l’ensemble de l’année 2020.

Source : les echos

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