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Bourse de Paris : le CAC 40 termine son meilleur mois en plus de 30 ans

Publié le 30 nov. 2020 à 13:44Mis à jour le 30 nov. 2020 à 13:48

Historique. Le CAC 40 a grimpé de plus de 20 % en novembre, et s’oriente vers sa meilleure performance mensuelle depuis février 1988, quelques mois à peine après la création de l’indice phare de la Bourse de Paris. Il demeure en recul de près de 7 % depuis le début de l’année. Il faut dire que le rebond du mois de novembre intervient quelques mois après une chute tout aussi historique de 17,2 % en mars dernier, la plus importante depuis septembre 2002. Lundi, le CAC 40 cédait 0,29 % en milieu de journées, marquant le pas après cette remontée inédite.

Les investisseurs sont revenus en force sur les marchés actions ces dernières semaines. L’ensemble des marchés mondiaux a profité du mouvement, à commencer par l’Europe. Le Vieux continent a concentré neuf des dix meilleures performances des Bourses mondiales en novembre, dont la Grèce (+29 %), l’Espagne (+27 %) ou encore l’Italie (+25 %). L’indice paneuropéen Stoxx 600 devrait ainsi inscrire sa plus forte progression mensuelle avec un bond d’environ 15 %. Wall Street flirte de son côté avec ses sommets, que ce soit le Dow Jones, le S & P 500 ou le Nasdaq.

« L’indice de la peur » se dégonfle

L’euphorie des investisseurs s’explique par la disparition de plusieurs facteurs d’inquiétudes. Les craintes autour des élections américaines se sont rapidement apaisées suite au scrutin alors que la promesse de vaccins efficaces à court terme a dopé la confiance des marchés sur la trajectoire de reprise économique en 2021. Les investisseurs ont investi près de 90 milliards de dollars dans des fonds actions au niveau mondial ces trois dernières semaines, une collecte sans précédent selon Bank of America. En parallèle de l’envolée des Bourses européennes, l’indice de la volatilité future, le VIX, surnommé « l’indice de la peur », a reculé sur l’ensemble des marchés développés pour revenir à son niveau le plus bas depuis février.

Les grands gagnants ce mois-ci ont été les entreprises les plus durement frappées durant la crise, notamment les foncières, les constructeurs automobiles et les banques. Une rotation sectorielle qui a largement bénéficié aux marchés européens, davantage ancrés dans la « vieille économie ». Le CAC 40 a ainsi été porté par le rebond impressionnant d’Unibail-Rodamco-Westfield de plus de 75 % depuis le début du mois, meilleure performance de l’indice. Renault a pour sa part grimpé de plus de 55 %. Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole ont, quant à eux, pris plus de 40 % chacun.

Depuis le début de l’année en revanche, ces titres affichent des baisses de 18 à 56 %. Ce sont les valeurs tech, comme STMicroelectronics, ou les valeurs du luxe, à l’instar de LVMH, qui ont le plus progressé. Les deux groupes ont ainsi inscrit de nouveaux records en Bourse ces derniers jours alors que l’ensemble des valeurs du CAC devraient terminer le mois en territoire positif. Au total, l’indice parisien a vu sa capitalisation grimper d’environ 300 milliards d’euros à 1.790 milliards. Les valorisations des actions sont remontées à des niveaux élevés, proches de leurs niveaux d’avant-crise.

De quoi pousser certains professionnels à se demander si les marchés ne sont pas allés trop loin, trop vite. Rien d’alarmant aux niveaux actuels, selon Nicolas Chatelais et Arthur Stalla-Bourdillon, économistes à la Banque de France. « Les fortes valorisations sur le marché action vont de pair avec celles observables sur le marché obligataire », rassurent-ils dans une récente note de recherche. Autrement dit, compte tenu du prix élevé des dettes d’Etat et de leur rendement très faible voire négatif, difficile de discerner une bulle sur les actions.

Les marchés ont joué le scénario idéal

De même, le patron des actions de Fidelity, Romain Boscher, parle d’une « exubérance rationnelle » des investisseurs. « Dans le monde coté, les actions sont l’ultime source de rendement », explique-t-il en rappelant que les actions de plus de 70 % des entreprises européennes offrent un rendement supérieur aux obligations. Or, les banques centrales ont été très claires sur leur volonté de maintenir une politique monétaire fortement accommodante au cours des années qui viennent, ce qui devrait contenir toute remontée des taux longs en cas de réveil de l’inflation.

Pour autant, la vigueur du rebond en novembre pousse certains professionnels à la prudence. BlackRock et Bank of America, qui avaient été parmi les premiers à parier sur un rattrapage de l’Europe en fin d’année, se montrent désormais plus circonspects. Les marchés ayant joué un scénario idéal sur les fronts sanitaires et économiques, la moindre déception risque de les déstabiliser. Les attentes élevées en termes de rebond de la profitabilité des entreprises l’an prochain sont déjà intégrées dans les cours. Alors que l’activité économique reste menacée à court terme par l’épidémie de coronavirus, « les indices devraient faire une pause et les rotations sectorielles devraient se limiter », préviennent les analystes d’Aurel BGC.

Source : les echos

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