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Bruno Le Maire appelle la Place financière à faire plus pour le climat

Publié le 26 oct. 2021 à 19:07Mis à jour le 26 oct. 2021 à 19:27

A quelques jours de la COP 26, la Place financière de Paris tenait mardi sa grand-messe climatique, le climate finance day. Un rendez-vous annuel visant à marquer l’engagement des banques , des assureurs ainsi que des gestionnaires d’actifs français dans la lutte contre le réchauffement. Mais à peine Bruno Le Maire avait-il fini son discours d’introduction que des alarmes se sont mises à retentir dans le grand auditorium du Palais Brogniart, à Paris.

Plusieurs activistes ont en effet interrompu la conférence pour critiquer ce qu’ils ont qualifié de journée de « greenwashing ». « Le financement des énergies fossiles des grandes banques françaises ne fait qu’augmenter depuis la COP21 », a dénoncé Lorette Philippot, porte-parole des Amis de la Terre.

Le happening, durant lequel les militants se sont versé de la mélasse sur la tête, a mis l’évènement en pause pendant plus de deux heures. Au point de contraindre Thomas Buberl, le patron d’AXA, à renoncer à présenter les nouveaux engagements de l’assureur.

« Pas suffisant »

La journée devait en effet souligner les efforts faits par les acteurs de la Place de Paris en matière de climat, à quelques jours de la COP 26, où la mobilisation de la finance est présentée comme l’un des principaux objectifs de ces deux semaines. A l’approche de l’événement, les acteurs financiers avaient d’ailleurs multiplié les annonces. Mais Bruno Le Maire a tout de suite donné le ton.

« Je sais que la Place a pris des engagements. Les six plus grandes banques françaises se sont engagées à arrêter dès 2022 le financement des projets d’exploitation de pétrole de schiste, de gaz de schiste, de sables bitumineux. C’est très bien, mais ce n’est pas suffisant », a-t-il déclaré. Le ministre de l’Economie a appelé l’ensemble des acteurs financiers à s’engager dans une trajectoire crédible, transparente avec un calendrier contraignant afin de réduire « l’intensité carbone de [leurs] investissements en lien avec l’accord de Paris » d’ici 2022. Il a confié à l’ancien dirigeant d’Amundi, Yves Perrier, la mission de s’en assurer.

Augmentation des financements

Le deuxième rapport de suivi des engagements climatiques des institutions financières publié ce mardi par l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) et de l’Autorités de Contrôle Prudentiel et de Régulation (ACPR) est également dur avec la Place financière de Paris, qui se targue d’être à la pointe de la finance verte. Tout en notant de sérieux progrès sur le charbon notamment, les deux superviseurs appellent à « clarifier et à renforcer le niveau d’exigence vis-à-vis des énergies fossiles » des acteurs financiers.

« La plupart des groupes bancaires et d’assurance ont pris des engagements relatifs aux énergies fossiles non conventionnelles, mais assez peu sur le pétrole et le gaz, note Laurent Clerc, directeur d’étude et d’analyse des risques de l’ACPR. Dans l’ensemble, les objectifs ne sont généralement pas accompagnés des étapes et jalons nécessaires pour évaluer si les trajectoires de sortie sont en ligne avec les objectifs affichés. » Le rapport souligne en outre que depuis 2015, et malgré les engagements formulés par les acteurs financiers, ces derniers ont augmenté leurs financements aux hydrocarbures, de 146 milliards d’euros en 2015 à 174 milliards à 2020. De quoi donner du grain à moudre aux ONGs.

Ligne de front

Pour ces dernières, une ligne de front est en train de se dessiner entre les acteurs de la Place de Paris. « Il y a ceux qui ont entendu l’appel de l’Agence internationale de l’énergie à cesser immédiatement de financer tout nouveau projet de production d’énergie fossile, et les autres », regrette Lucie Pinson, directrice générale de l’ONG Reclaim Finance.

La Banque Postale, et les assureurs Maif et Ircantec, ont en effet pris des engagements en ce sens. Mardi, ils ont été rejoints par le Crédit Mutuel, qui a assuré stopper « dès maintenant » le financement de nouveaux projets dans le pétrole et le gaz. Ce à quoi se refuse encore BNP Parias, Société Générale, Crédit Agricole ou encore BPCE. « Il est beaucoup plus facile de prendre des engagements sur le pétrole et le gaz lorsque l’on ne finance déjà que très peu ce secteur », grince un banquier.

Source : les echos

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