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Bruxelles résiste aux appels à modifier le fonctionnement du marché du carbone

Publié le 10 oct. 2021 à 15:09

Alors que le prix du CO2 sur le marché européen du carbone a dépassé les 65 euros la semaine dernière – il a été multiplié par deux depuis le début de l’année -, les industriels reviennent à la charge pour essayer d’atténuer le choc. Certains secteurs déjà soumis au marché des « droits à polluer », voient le coût du CO2 se répercuter sur leurs factures d’électricité . Un coût de trop, estiment-ils, lorsque les prix de l’énergie flambent .

L’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden) qui regroupe les grands consommateurs d’énergie en France (PSA, Renault, ArcelorMittal, Arkema, etc.) a réitéré ce vendredi son appel à limiter la spéculation financière sur le marché du carbone.

« Plus que la tendance à la hausse des prix du CO2, c’est la volatilité qui nous gêne », explique Nicolas de Warren, le président de l’Uniden. Cette demande récurrente a toujours été évacuée par la Commission, qui estime que le marché est correctement régulé pour éviter toute manipulation des cours. Un argument répété cette semaine par Beatriz Yordi, responsable du marché du carbone à la Commission.

L’Uniden appelle également à avancer les mises aux enchères des quotas prévus pour 2022, voire 2023, afin d’apporter temporairement un peu plus de liquidité au marché. « A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles », estime Nicolas de Warren.

« Poser les bonnes questions »

« La crise actuelle des prix de l’énergie a le mérite de poser les bonnes questions tout de suite, à savoir pourquoi il faut un marché du carbone ambitieux et efficace », estime au contraire Alix Chosson, analyste senior ESG chez Candriam.

Les industriels aimeraient également modifier le mode de calcul des quotas gratuits. En effet, ceux-ci sont calculés chaque année en fonction de la production de l’année précédente. S’ils devaient procéder à d’éventuelles interruptions de production cette année en raison du prix de l’énergie, ils craignent d’en avoir moins l’année prochaine.

Pour l’instant, cependant, la Commission européenne ne semble pas du tout décidée à changer les règles du marché, même temporairement. « Jouer avec le système d’échange de quotas d’émission » n’aurait qu’un impact « très faible » sur la crise actuelle des prix de l’énergie, avait déjà estimé mercredi le vice-président de la Commission européenne chargé du climat, Frans Timmermans. « Les marchés du carbone vont être un des sujets centraux de la COP26, estime Alix Chosson. La Commission devrait donc tout faire pour protéger le marché européen », anticipe-t-elle.

Source : les echos

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