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Carrefour met fin à son offre de banque mobile C-Zam

La mention barre le site web de C-Zam, l’offre de banque en ligne lancée par Carrefour en 2017 : « clôture des comptes C-zam le 15 juillet 2020 ». Dans deux mois, Carrefour Banque – la filiale de services financiers du groupe de distribution – cessera la commercialisation et la gestion de cette offre vendue en grande surface, et alliant un compte courant et une carte de paiement.

A fin 2018, selon les dernières données fournies, le nombre de comptes C-Zam atteignait 120.000, loin des scores de Nickel, qui a inventé ce concept en 2012. Racheté depuis par BNP Paribas , Nickel affiche à fin mars 1,6 million de comptes ouverts.

Forte masse critique

Or Nickel pourrait précisément récupérer une partie des clients de C-Zam, en vertu d’un partenariat passé avec Carrefour Banque. Les clients le souhaitant pourront ouvrir un nouveau compte chez Nickel, sans payer de frais la première année.

L’arrêt de cette activité est tout sauf une surprise. En janvier dernier, Marie Cheval, directrice exécutive de Carrefour pour les services financiers et les hypermarchés en France avait clairement laissé entendre que C-Zam était sur la sellette .

« C’est une activité très à part qui concerne peu de clients par rapport à la carte (de crédit) Pass », avait-elle alors précisé à l’AFP. Le nombre insuffisant de comptes ouverts a forcément été un handicap dans un métier qui nécessite une forte masse critique. Outre sa carte Pass, Carrefour Banque – détenue à 40 % par BNP Paribas – veut aussi donner la priorité à sa gamme de crédits.

Par comparaison à Nickel, C-Zam a aussi souffert de son réseau de distribution : Nickel est vendu par des buralistes indépendants pour lesquels la vente de comptes constitue un complément de chiffre d’affaires, à l’inverse de C-Zam, vendu par les salariés de l’enseigne Carrefour.

Deux mois de confinement

L’annonce intervient après deux mois de confinement, une période complexe pour les néobanques : ces dernières se rémunèrent notamment par une commission sur les transactions de paiement réalisées via leurs cartes bancaires. Or, sur la période, le nombre de transactions s’est plutôt réduit.

Une situation qui a aussi affecté Nickel. En mars et avril, « les transactions ont diminué en moyenne de 25 %, et le nombre d’ouvertures de compte de 50 % », explique aux « Echos » Marie Degrand-Guillaud, directrice déléguée de Nickel. L’entité est tout de même parvenue à 30.000 nouvelles ouvertures de comptes sur la période, une majorité de buralistes restant en activité.

Au-delà, la néo-banque confirme ses ambitions, ciblant toujours les 4 millions de clients en France à horizon 2024, et se prépare à compléter sa gamme de cartes. Elle prépare à présent l’ouverture de son offre en Espagne – retardée de quelques mois – et envisage de s’exporter dans six autres pays européens.

Source : les echos

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