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Ces investisseurs qui ont succombé à Wirecard

La chute de Wirecard n’en finit pas. Les gérants de portefeuilles encore exposés à la fintech allemande cherchent donc à limiter les dégâts. DWS, la filiale de gestion d’actifs de Deutsche Bank, et Union Investment, deux des principaux investisseurs de Wirecard, ont déjà fait part de leur intention de porter plainte contre la société. Mais les deux gérants allemands sont loin d’être les seuls à avoir continué à faire confiance à la société allemande après les premiers signaux d’alerte. « C’était un piège tentant pour de nombreux gérants : une valeur technologique à forte croissance, comme on en croise peu en Europe », souligne un professionnel. Membre du DAX depuis 2018, l’indice phare de la Bourse de Francfort, Wirecard se trouvait à la fin 2019 dans de nombreux portefeuilles, y compris dans celui des très vertueux fonds souverain norvégien et fonds de pension public japonais (GPIF).

1 milliard d’euro investis

Tim Albrecht, l’architecte du pari de DWS sur Wirecard, a annoncé renoncer à son bonus suite à l’éclatement du scandale. La société de gestion avait investi jusqu’à 1 milliard d’euros dans la fintech, dont une large part dans la foulée des révélations du Financial Times . Au Royaume-Uni, un autre gérant star, Alexander Darwall, a dû faire amende honorable ces derniers jours. Wirecard était la principale position de deux de ses fonds, autour de 10 %. Tout comme la boutique de gestion Alken AM, également très exposée, et DWS, il a cédé l’ensemble de sa participation en fin de semaine dernière.

En France, Comgest avait largement réduit son exposition dès avril 2019. « C’est une accumulation de doutes sur la gouvernance et la transparence financière qui nous ont alertés», indique Laurent Dobler, directeur général de la boutique de gestion. La société a vendu ses derniers titres courant mai, détenus dans un fonds offensif, suite à la publication du rapport de KPMG. D’autres s’étaient montrés encore plus prévenants.

Sycomore, spécialiste français de l’investissement responsable, avait ainsi sorti Wirecard de ses fonds dès 2016 après avoir rencontré son fondateur Markus Braun, alors que de premières allégations circulaient. Peu convaincue par ses explications, la société de gestion avait « fortement dégradé la valeur sur les critères de gouvernance, de communication financière et de risques comptables », précise Bertille Knuckey, gérante chez Sycomore.

Des ETF responsables concernés

Vanguard, BlackRock, Amundi ou encore BNP Paribas AM ont également compté parmi les investisseurs de la fintech, principalement du fait de leur activité de gestion indicielle. Plus surprenant, certains fonds indiciels cotés (ETF) ayant une étiquette «responsable» se sont retrouvés actionnaires de Wirecard. Et pour cause, ces fonds appliquent un filtre sur les valeurs les plus émettrices de carbone ou celles impliquées dans des activités controversées comme la production d’armes non-conventionnelles. En l’absence de filtre spécifique sur les questions de gouvernance, le titre est passé à travers les mailles du filet. Une illustration de plus de la nécessité pour tout investisseur de s’intéresser à la construction de ces indices responsables .

Source : les echos

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