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Climat : nouvelle passe d’armes entre Oxfam et les banques françaises

Publié le 27 oct. 2020 à 6:01

A deux jours du Climate Finance Day, le grand raout environnemental du secteur financier français, le front se tend entre les défenseurs de l’environnement et les banques. Ce mardi, l’ONG Oxfam publie un rapport pour rappeler que, selon elle, quatre ans après sa signature, les banques françaises sont loin d’être alignées avec l’Accord de Paris.

Selon l’organisation, si les banques françaises continuent de financer l’économie comme elles le font actuellement, la hausse des températures d’ici à la fin du siècle sera de 4 °C. A ce niveau, les prévisions de l’Agence européenne de l’environnement sont catastrophiques : hausse de 40 % des feux de forêt, inondations à répétition dans plusieurs villes, vagues de chaleur variant de 21 à 94 jours en région parisienne contre 7 aujourd’hui.

Oxfam relève par ailleurs que l’empreinte carbone totale des six plus grandes banques françaises est 7,9 fois plus importante que celle de la France tandis que leurs actifs sont seulement trois fois supérieurs au PIB du pays.

Sujet sensible

Les banques françaises, parmi les premières dans le monde à avoir annoncé leur sortie du charbon , se sont élevées contre les conclusions du rapport avant même sa publication, la Fédération bancaire françaises (FBF) organisant lundi une conférence de presse. « C’est une photo du passé », a balayé Laurent Mignon, le président du directoire de BPCE et représentant de la finance verte à la FBF, jugeant que celle-ci ne prenait pas en compte les dernières avancées, alors que les banques ont multiplié les initiatives ces dernières années. « Le chiffre de 4 °C, c’est faux, mais terrible en termes d’image », déplore un banquier.

Les banques françaises mettent en avant un chiffre : l’exposition du secteur bancaire au charbon ne représente plus aujourd’hui que 2,3 milliards d’euros, soit 0,18 % de leur portefeuille global. Selon Laurent Mignon, le niveau a « beaucoup » baissé, sans toutefois chiffrer la baisse.

Comme souvent , c’est la méthodologie que contestent les banques. En effet, pour BNP Paribas, l’analyse – réalisée par le cabinet de conseil Carbon 4 – repose sur des chiffres antérieurs au 1er janvier 2018, tout comme pour BPCE, Crédit Agricole ou encore Société Générale. Pour La Banque Postale, la photographie se base sur l’année 2018, tandis que pour le Crédit Mutuel, l’année de référence est 2019.

« Nous avons travaillé avec les données disponibles, explique Alexandre Poidatz, l’un des auteurs du rapport d’Oxfam. Il ne faut pas inverser la charge de la preuve, ce n’est pas à nous de pallier le manque de transparence des établissements bancaires. » Le défenseur de l’environnement affirme cependant que, même en tenant compte des annonces de sortie du charbon – les principales de ces deux dernières années – « la trajectoire se situerait toujours au-dessus de 4 °C ».

Méthode non convergente

« Il n’existe pas encore de méthode standardisée sur le calcul des émissions de carbone des financements bancaires, c’est pour cela qu’il n’y a pas de convergence avec le travail des ONG, a reconnu Laurent Mignon, le patron de BPCE. Nous avons pourtant le même objectif : s’aligner sur l’Accord de Paris. »

Pour trancher cette bataille méthodologique, c’est vers une autre source qu’il faudra donc se tourner. A l’occasion, du Climate Finance Day, le gendarme des marchés (AMF) et le superviseur bancaire (ACPR) doivent en effet publier un extrait d’un rapport conjoint très attendu. Fruit du travail d’une commission spéciale mise en place il y a un an à la demande de Bercy, cette première publication doit faire le point sur les promesses des acteurs financiers en matière de charbon.

Source : les echos

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