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Climat, réserves des auditeurs sur les comptes : les AG 2021 ont été inédites sur bien des points

La saison des assemblées générales (AG) touche à sa fin. Parmi les géants du CAC 40, seuls Vivendi et Alstom n’ont pas encore réuni leurs actionnaires. Alors même que les assemblées générales peuvent à nouveau, depuis le 9 juin, réunir 5.000 actionnaires , elles se sont en très grande majorité tenues à huis clos. « Cette fois-ci, les sociétés s’étaient vraiment organisées pour le distanciel. Dans la moitié des cas du CAC 40, les assemblées générales ont été retransmises en direct, avec la possibilité pour les actionnaires de poser des questions en direct, et aussi une option de replay », explique Bénédicte Hautefort, de l’Hebdo des AG.

Cette saison 2021 aura été inédite sur bien des points. Grande première, trois groupes français, Vinci, Atos et TotalEnergies (nouveau nom de Total) ont fait voter leurs actionnaires sur leur stratégie climat . De son côté, Amundi a révolutionné l’organisation des AG. Pour la première fois en France, le 10 mai dernier, une société cotée a permis le vote en direct et, en même temps, à distance. Le gestionnaire d’actifs et Caceis, la banque centralisatrice, se sont appuyés sur l’expertise de Lumi Technologies. Chez EssilorLuxottica, la présidence de l’assemblée n’a pas été assurée par le président, mais par Juliette Favre qui représente l’association des actionnaires salariés Valoptec (44 % du capital).

Réserve des commissaires aux comptes sur les comptes

Autre nouveauté, les commissaires aux comptes ont émis des réserves sur les comptes. Ce fut le cas chez Atos (les actionnaires n’ont d’ailleurs pas approuvé les comptes), chez HiPay, Hopscotch, et Sogeclair. Solutions 30 n’a pas encore tenu son AG. Elle aura lieu le 30 juin. EY a indiqué être dans l’impossibilité de certifier les comptes 2020.

Enfin, Danone et Orange ont ajouté à l’ordre du jour, des points demandés par des actionnaires. Chez Danone, la société de gestion Phitrust a souhaité des explications sur le départ d’Emmanuel Faber ; chez Orange, le FCPE était très intéressé par la question de l’accès des femmes aux postes à responsabilité et de l’égalité salariale.

Le climat a pris le devant de la scène. Outre le Say On Climate, cette thématique a été abordée à la plupart des AG. Chez TotalEnergies, EDF et AXA, la direction a fait un point sur l’engagement climatique. Très souvent, une partie du bonus des dirigeants dépend d’un critère climatique. Chez Safran, l’administrateur Patrick Pélata a été spécifiquement chargé du suivi des questions climatiques.

Moins contestataires que l’an dernier

Pour l’instant, les actionnaires ont été un peu moins contestataires que l’an dernier. La comparaison n’est pas forcément encore significative. Car l’AG de Vivendi, qui n’avait pas été consensuelle en 2020, n’a pas encore eu lieu. Elle est prévue pour le 27 juin. Au 10 juin, seulement 4 résolutions d’entreprises du CAC 40 ont été rejetées contre 13 l’an dernier. Et deux fois moins de résolutions ont été votées avec des scores inférieurs à 80 %.

Parmi les résolutions contestées, les salaires des dirigeants sur l’exercice 2021 arrivent en tête : 10 résolutions Say On Pay ont obtenu moins de 80 %. Pourtant, les patrons ont dans l’ensemble réduit leurs émoluments. Dans le CAC 40, leur rémunération moyenne est passée, selon l’Hebdo des AG, de 5 millions en 2019 à 3,5 millions en 2020, suite à une forte diminution des actions de performance. Parmi les rémunérations les plus contestées, celle des dirigeants de Veolia, Carrefour, Worldline, AXA, Saint-Gobain, Teleperformance et Bouygues. « Les sociétés ont parfois modifié les critères de rémunération prévus initialement. Que ces changements se justifient ou non, cela a donné lieu à de nombreuses discussions avec les groupes cotés » explique Michael Herskovich, responsable mondial de la gouvernance et de l’engagement chez BNP Paribas Asset Management.

Autre point, seulement 4 sociétés (Eramet, Edenred, Voltalia, CNP Assurances) ont fait inscrire leur raison d’être dans les statuts, contre sept l’an passé. « Il n’y a pas une attente forte de la part des investisseurs que la raison d’être se matérialise par un vote et par une inscription dans les statuts. Ce qui nous semble intéressant, c’est l’engagement et le suivi de la société de certaines valeurs », ajoute Michael Herskovich.

Source : les echos

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