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Comment les banques se préparent au reconfinement

Publié le 28 oct. 2020 à 18:29

Sept mois après le premier confinement, les banques se disent prêtes à affronter le défi pratique des nouvelles restrictions sanitaires, mais s’interrogent sur ses conséquences économiques. « On a mis en place une organisation qui fonctionne très bien, souligne une source proche d’une grande banque. On sait activer ce qu’il faut en fonction de la situation ».

Tout en s’affichant sereines, plusieurs banques avaient prévu de réunir leur comité exécutif ou leur comité de crise mercredi après-midi, voire dans la soirée après l’intervention du président de la République, ou bien encore jeudi matin à la première heure. Une démarche prévue par la réglementation et dans leurs plans de continuité de l’activité (PCA) .

Mi-mars, près de 400.000 salariés du secteur s’étaient du jour au lendemain convertis au télétravail, sauf pour ceux employés dans les agences, restées largement ouvertes pendant le confinement. Parfois à la surprise des dirigeants, les systèmes informatiques ont tenu et les salariés ont joué le jeu. Par prudence sanitaire, une partie est restée en télétravail depuis.

Réunion des comités de crise

Aux sièges et dans les fonctions supports, les grandes banques françaises ont ainsi maintenu une jauge d’environ 50% de télétravail après le déconfinement. Certaines comme BNP Paribas fonctionnent notamment en semaines alternées. D’autres, comme Société Générale et BPCE, ont maintenu une présence physique deux à trois jours par semaine.

« Il n’y aura pas de big bang en termes d’organisation du travail », assure une banque, qui se dit prête à rebasculer rapidement en télétravail complet. La question pourrait être plus sensible pour les traders, qui avaient été les premiers à rejoindre les salles de marchés lors du déconfinement, le télétravail ayant été plus éprouvant dans ce métier sur fond de forte volatilité.

Mais c’est sur le plan financier que les choses pourraient se compliquer. Un nouveau confinement, même moins strict que le premier, risque de sonner le glas d’entreprises clientes qui avaient surmonté la première vague de la pandémie grâce aux mesures de soutien du gouvernement. Les banques pourraient alors se trouver confrontées à une explosion des impayé s.

Pour l’heure, les banquiers se montrent optimistes. « Paradoxalement, si des inquiétudes montent d’un point de vue sanitaire, au niveau du business on ne voit pas encore de détérioration du crédit, affirme un grand patron de banque. C’est une partie minoritaire du pays qui sera impactée. L’économie française devrait continuer à fonctionner ».

La question des moratoires

Une semaine avant la présentation des résultats trimestriels, les investisseurs sont cependant sceptiques. Mercredi, BNP Paribas a lâché 5,2% en Bourse, Crédit Agricole 4,4%, et Société Générale 4,7%.

« Alors que les résultats financiers du troisième trimestre des banques françaises devraient dépasser les attentes du consensus, en particulier grâce à une baisse des pertes de crédit, il est peu probable que ceci soit extrapolé étant donné la résurgence de nouveaux cas de Covid-19 en train de menacer l’économie », selon les analystes d’UBS.

Pour les banques, comme pour les pouvoirs publics, toute la question sera de savoir si des mesures supplémentaires pourraient être mises en place. Le gouvernement a déjà annoncé un prolongement de six mois du dispositif de prêt garanti par l’Etat (PGE), au 30 juin 2021, avec la possibilité pour certaines entreprises de reporter d’un an, à 2022, les premiers remboursements.

Reste la question épineuse des moratoires. Mi-mars, les banques avaient accordés jusque six mois de report de remboursements de crédits pour les entreprises, avec le feu vert de la Banque de France. Officiellement, les remboursements devaient repartir en octobre, mais le nouveau confinement risque de perturber ce retour à la normale.

Source : les echos

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