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Comment une réunion confidentielle a profité à une poignée de traders de Wall Street

Publié le 16 oct. 2020 à 12:07

Le 24 février au début de la crise du COVID-19, la Hoover Institution, un centre de réflexion proche des républicains, organisa une réunion en petit comité. Les deux intervenants, Larry Kudlow et Tomas Philipson, deux conseillers de Donald Trump , livrèrent à leur auditoire un tableau plutôt sombre de la crise sanitaire à venir et des risques pesant sur l’économie américaine, selon le New York Times. Cette grande prudence tranchait avec la confiance du président américain qui déclarait le même jour que « tout était totalement sous contrôle » avant de décréter l’état d’urgence le 13 mars. Quelques jours plus tard, Wall Street entamait son plongeon, le 4 mars. Le lendemain de la réunion privée, Larry Kudlow déclarait sur la chaîne « CNBC » que le coronavirus n’allait pas entraîner de « tragédie économique » aux Etats-Unis. « Nous avons la situation en mains ».

Vente à découvert

Les propos des conseillers de Donald Trump tenus en privé avaient été écoutés avec attention par William Callanan, un ancien gérant de hedge fund consultant pour de grandes institutions financières (fonds spéculatifs, gestionnaires…). Il leur aurait rapporté la tonalité prudente, voire inquiète, de leurs déclarations non publiques Certains clients auraient alors décidé de vendre à découvert les actions américaines dans l’anticipation de leur chute.

Loi boursière

Cette note fut notamment envoyée à David Tepper , un célèbre hedge fund, fondateur d’Appaloosa. Il a rétorqué au journal, qu’il avait pris ses décisions d’investissement avant d’avoir reçu cette note. Le 3 février sur CNBC il faisait part de ses craintes sur la crise à venir. Les propos tenus par les conseillers du président Trump ne tombent toutefois pas sous le coup de la loi boursière car ils ne révèlent pas d’informations économiques privilégiées de nature à faire varier les marchés comme une statistique économique non publique.

Ancien de Soros

William Callanan est un ancien trader des matières premières qui travaillé pour George Soros et au sein du fonds Key Square fondé par Scott Bessent un des bras droits du financier hongrois. En juin 2019, il crée sa société de conseil Syzygy, un terme d’astronomie désignant les éclipses de Lune et du soleil. Elle donne à ses clients (hedge funds, fonds de pensions, fonds souverains…) des idées et thèmes d’investissement en mettant en avant son réseau de relations auprès des décideurs. Les firmes de Wall Street sont friandes de ces contacts à haut niveau comme d’anciens banquiers centraux, hauts fonctionnaires, en exercice ou passés dans le privé. Gagner de l’argent sur les marchés est très difficile sur le long terme, et toutes les sources d’information doivent être exploitées en toute discrétio n pour avoir un avantage sur les autres compétiteurs. La porosité entre Wall Street et les autorités américaines est l’objet de controverses récurrentes.

Source : les echos

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