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Coronavirus : les banques mettent des milliards de côté pour affronter la récession

Publié le 28 avr. 2020 à 13h31

Les banques accumulent les provisions pour faire face à la pire récession économique depuis la seconde guerre mondiale . Après les 25 milliards de dollars mis de côté par les établissements financiers américains, c’est au tour des européens de se préparer à affronter une vague d’impayés et de défauts de la part des entreprises et des ménages.

Le groupe HSBC a ainsi annoncé ce mardi, à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels, qu’il avait mis de côté 3 milliards de dollars pour affronter les conséquences de la crise. Soit cinq fois plus qu’il y a un an, à la même période (585 millions de dollars). Une partie de ces provisions est liée à l’exposition de la banque sino-britannique à la perte de 800 millions de dollars de Hin Leon Trading , l’un des plus gros courtiers en pétrole, basé à Singapour.

Des provisions records

Ces provisions ont un impact direct sur les résultats de la banque : le bénéfice net a fondu de moitié au premier trimestre, à 3,2 milliards de dollars (2,95 milliards d’euros). Les revenus ont également diminué, mais dans une moindre mesure : – 5 % à 13,7 milliards. « L’impact économique de la pandémie de Covid-19 sur nos clients est la cause principale des changements de notre performance financière depuis la fin de l’année », a commenté Noel Quinn, le patron de HSBC, récemment confirmé à son poste après plusieurs mois d’intérim.

La facture s’annonce également lourde chez l’espagnol Santander. Habituée à d’importantes provisions, compte tenu de son exposition aux marchés brésilien et mexicain, et à sa présence dans le crédit auto aux Etats-Unis, la banque a mis 3,9 milliards d’euros de côté – un record – dont 1,6 milliard directement lié aux conséquences de la crise du coronavirus. Le bénéfice net a plongé de 82 %, à 331 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires en baisse de 2 % à 11,8 milliards.

Dans ce contexte, le groupe s’est dit incapable de donner des objectifs clairs pour l’année en cours. « Nous reverrons nos objectifs stratégiques dès lors que nous aurons une compréhension plus complète de l’impact de la crise », a déclaré la pdg Ana Botin, dans un communiqué, précisant « demeurer confiante dans les fondamentaux du modèle de la banque ». Le ratio de fonds propres CET1 s’élevait à 11,1 % à la fin du premier trimestre.

Le bon élève UBS

La semaine dernière, l’italien UniCredit avait donné le ton en annonçant des provisions d’un montant de 900 millions d’euros. Il avait été suivi par Credit Suisse, avec un montant similaire, puis par Deutsche Bank lundi (500 millions), dont les résultats étaient toutefois meilleurs qu’attendus.

Dans ce concert de nouvelles préoccupantes, la publication d’UBS détonne cependant. La banque suisse a vu son bénéfice net bondir de 40 % à 1,5 milliard d’euros, malgré l’intégration d’un risque de hausse des défauts de paiements pour 250 millions. Le gestionnaire de fortune, moins exposé que les autres établissements bancaires aux ménages et entreprises, se dit confiant sur la « grande qualité » de son portefeuille de crédits pour traverser la crise.

Le groupe basé à Zurich n’en reste pas moins prudent pour la suite de l’exercice. « Il est trop tôt pour faire des prévisions fiables sur le timing et la forme d’une éventuelle reprise économique », a déclaré UBS, qui a déjà prévenu que les revenus pourraient être sous pression dans les trimestres à venir compte tenu du niveau des marchés financiers.

La crise du coronavirus vient aussi plomber les projets de transformation engagés par les banques installées sur le Vieux Continent. HSBC a ainsi dû mettre sur pause la restructuration géante annoncée en fin d’année dernière , qui doit permettre au groupe de se recentrer sur ses activités les plus rentables, en limitant sa présence en Europe et aux Etats-Unis, et occasionner une baisse de 15 % des effectifs. La cession de la banque de détail en France n’est pas remise en cause, mais le calendrier promet d’être très perturbé.

Source : les echos

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