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Créances douteuses : les autorités bancaires se préparent à des turbulences

Publié le 9 oct. 2020 à 6:21

« Prière d’attacher vos ceintures ». Il y a six mois, les autorités bancaires européennes, main dans la main avec les Etats, ont tout fait pour que la crise sanitaire et le confinement ne dégénèrent pas en tsunami économique et financier.

Elles se demandent à présent comment aider les banques à encaisser au mieux la hausse prévisible des défauts sur les crédits accordés (appelés NPL dans le jargon des régulateurs), voire à les sortir de leurs bilans.

Plusieurs déclarations récentes d’officiels européens montrent que ce débat ancien monte à nouveau en puissance . « Valdis Dombrovskis [vice-président de la Commission, NDLR] a été clair : cette fois on ne va pas laisser les NPL s’empiler. Et des sociétés de gestion d’actifs (« Asset management companies » ou AMC) pourraient faire partie de la solution », a indiqué jeudi John Berrigan, qui chapeaute la DG stabilité financière (FISMA) au sein de la Commission européenne, au cours d’une conférence.

Eviter l’empilement de créances douteuses

Concernant l’utilisation d’AMC, « nous serions plus que désireux d’engager la discussion », a répondu sans détour le représentant du Comité de résolution unique (CRU), l’entité chargée de liquider ou de sauver les banques en grande difficulté.

Cet aimable échange intervient après une prise de position de Valdis Dombrovskis, fin septembre, s’inquiétant d’un retour des NPL. « Ce n’est sans doute qu’une question de temps avant que cela arrive », a-t-il indiqué, lançant des travaux de réflexion sur le marché secondaire de dette décotée.

Même état d’esprit du côté du gendarme bancaire de la zone euro, Andrea Enria qui se félicite du « débat relancé par Valdis Dombrovskis ».

Eviter l’empilement de créances douteuses dans les bilans des banques est considéré comme essentiel. Une accumulation de prêts non remboursés limite la capacité d’une banque à accorder de nouveaux prêts, et risque de provoquer un « credit crunch ».

Ambiance de veillée d’armes

Dans cette ambiance de veillée d’armes, une autre entité anti-crise, le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) s’est elle aussi rappelée jeudi au bon souvenir des Français.

Ce fonds assure pour la France la règle européenne de garantie des dépôts : en cas de défaillance d’une banque, cette garantie peut indemniser les clients jusqu’à 100.000 euros par déposant et par établissement.

Or, le taux de notoriété de cette institution a bondi en cinq ans, indique le baromètre Harris Interactive/FGDR publié ce jeudi, ainsi que le degré de confiance dans le système bancaire français (passé de 49 % en 2016 à 64 % en 2020), et cela « dans un contexte lourd d’incertitudes », souligne le baromètre.

Signe de l’anxiété des Français, le site web du FGDR recevait en moyenne autour de 16.000 visiteurs par mois l’an dernier, avant d’atteindre un pic de 120.000 en mars dernier. Les consultations sont à présent retombées autour de 20.000.

Source : les echos

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