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Crédit Agricole réinjecte 125 millions d’euros dans sa banque en ligne BforBank

Crédit Agricole remet la main à la poche pour BforBank . Après deux augmentations de capital successives, en 2017 (54 millions d’euros) et en 2019 (30 millions), la banque en ligne créée par le groupe mutualiste en 2009 a, de nouveau, bénéficié fin 2020 d’un apport de 125 millions d’euros, selon nos informations.

Dans le détail, l’opération a été majoritairement souscrite par Crédit Agricole SA, l’entité cotée du groupe mutualiste, à hauteur de 106 millions d’euros, le solde étant apporté par les caisses régionales.

Au passage, l’actionnariat de la banque en ligne évolue, puisqu’il y a peu les banques régionales du groupe la détenaient à 85 % (et CASA à 15 %). C’est à présent CASA qui en a pris le contrôle.

Sans plus de précision de la part du groupe sur le motif ou le timing de cette opération, cet argent frais va forcément faire du bien à l’établissement. « Il n’y aurait pas pu avoir de recapitalisation si les actionnaires ne croyaient pas en son développement », fait valoir un connaisseur du groupe mutualiste.

Ouvrir un nouveau chapitre

BforBank affichait en 2019 (dernier exercice publié) une perte nette de 29,4 millions d’euros pour 33,8 millions d’euros de revenus, des performances proches de l’année précédente. Une situation qui ne fait pas exception dans les banques en ligne.

« La question n’est pas celle de la rentabilité immédiate, mais la capacité de BforBank à s’adresser à un segment de clients très particulier que ne touchent pas les caisses régionales ou LCL », fait valoir cette même source pour qui la filiale est un peu une tête chercheuse au sein du groupe mutualiste.

Sur le plan industriel, il s’agirait aussi d’ouvrir un nouveau chapitre pour cette banque en ligne qui cible les CSP +, et qui n’est pas aux dimensions de ses grands concurrents. BforBank affiche sur son site Web 230.000 clients, alors que Boursorama (filiale de Société Générale) ou ING revendiquent plus d’un million de clients en France.

Fin 2017, la filiale de la Banque verte comptait 180.000 clients et affichait l’ambition d’être bénéficiaire au-delà de 2021 et d’avoir dépassé à cet horizon le cap des 350.000 clients.

Le modèle initial disparaît

L’établissement a connu depuis sa création plusieurs étapes et modèles économiques. A sa création, comme d’autres banques en ligne, il proposait des « super livrets » à taux boostés à des ménages aisés, à l’image d’un ING Direct ou d’un Fortuneo. Mais avec un environnement de taux extrêmement faible, ce modèle initial est intenable pour BforBank, comme pour ses concurrents.

La banque en ligne décide alors de devenir une banque de plein exercice, proposant notamment des crédits immobiliers. Mais les banques traditionnelles ont contre-attaqué et multiplié les offres à distance.

Surtout, la crise sanitaire a accéléré la digitalisation des offres, ce qui fait que les banques en ligne ont plus de mal à se distinguer. Dans ce contexte, BforBank réfléchit désormais à de nouveaux développements, explique une source. Une expansion au-delà de la France pourrait « sans doute être une des pistesexplorées ». Nickel, la néobanque de BNP Paribas, a déjà pris ce chemin en s’installant en Espagne.

Source : les echos

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