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Crédit aux entreprises : les conditions d’octroi se durcissent en Europe

Publié le 19 janv. 2021 à 13:02

A lire les chiffres publiés chaque mois par la Banque de France, pas de doute : les entreprises restaient encore en fin d’année 2020 encore massivement soutenues par le crédit bancaire.

Mais l’enquête réalisée chaque trimestre par la Banque centrale européenne (BCE) auprès de 143 grandes banques de la zone euro («Bank lending survey »), montre que le vent est en train de tourner sur le Vieux continent.

Une majorité de banques estime ainsi que les conditions d’octroi de crédit se sont durcies au cours du quatrième trimestre 2020, et que cette tendance va encore se poursuivre en ce début d’année. Cela concerne « le prêt aux entreprises, les crédits immobiliers, le crédit à la consommation et les prêts autres prêts aux ménages », précise la BCE.

« Le resserrement a été principalement motivé par la perception accrue des risques par les banques, reflétant l’incertitude entourant la reprise économique et les préoccupations quant à la solvabilité des emprunteurs dans le contexte des nouvelles restrictions liées aux coronavirus. Le coût des fonds propres et la situation des bilans des banques n’ont pas contribué au resserrement », détaille la BCE.

Autre facteur d’explication, l’effet des prêts garantis par l’Etat (PGE) et ses équivalents en Europe commence à s’estomper. Il est toujours vu comme favorable sur les conditions d’octroi, mais deux fois moins qu’au début de la crise sanitaire.

La demande reste satisfaite

Ce durcissement ne signifie pas directement que les entreprises vont se retrouver le bec dans l’eau, car ce même sondage observe une baisse de la demande de financements de leur part. « Cela peut s’expliquer par les réserves de liquidités qu’elles se sont constituées lors des précédents trimestres », souligne la BCE. La demande, en revanche, progresse du côté du crédit immobilier , ce qui pourrait tendre les relations avec les ménages.

Sur le fond, cette étude montre que les économies européennes vont bientôt se trouver à la croisée des chemins : après une année de soutiens tous azimuts, la soutenabilité de la dette des entreprises devient de plus en plus un enjeu.

Des outils plus ciblés se profilent, comme les prêts participatifs en France , destinés à renforcer les fonds propres des entreprises fragilisées par la crise sanitaire. De même, les banques françaises ont annoncé récemment qu’elles réactivaient les mécanismes de moratoires sur les crédits aux entreprises.

Signe des temps, en Belgique, le patron de la banque Belfius (l’ex-Dexia Banque Belgique) a soulevé un tollé dans son pays, pointant sans fard les risques de faillites, notamment dans la restauration, et la probable disparition à venir d’entreprises « zombies », avant de se déclarer « sincèrement désolé » pour les réactions suscitées.

Source : les echos

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