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Crédit immobilier : la production renoue avec ses niveaux d’avant-crise

Publié le 3 déc. 2020 à 13:26

Les chiffres de la Banque de France sur le crédit immobilier au mois d’octobre étaient particulièrement attendus. Et pour cause : ce sont les derniers que l’institution doit publier avant la prochaine réunion du Haut Conseil pour la Stabilité Financière (HCSF), l’organe présidé par le ministre des Finances à l’origine de recommandations encadrant le marché du crédit immobilier qui, depuis un an, fait hurler les professionnels du secteur.

Alors que ceux-ci agitent le danger d’une chute drastique du crédit, les derniers chiffres devraient conforter les autorités. Au mois d’octobre, le crédit à l’habitat a progressé de 5,5 %, après 5,4 % en septembre et 5,3 % en août. En volume, la production de crédit immobilier a atteint « 23,4 milliards d’euros, après 22,0 milliards en septembre », note le communiqué de la Banque de France. Autrement dit, après une cassure nette du marché pendant le premier confinement (- 41,9 %), la production de crédit immobilier continue de reprendre du poil de la bête, malgré les recommandations du HCSF.

Cette production a été soutenue par une nouvelle baisse des taux , à 1,29 % en octobre. « Les banques continuent à améliorer les conditions des crédits octroyés, afin de soutenir la demande de crédits immobiliers des particuliers sur des marchés fragilisés par deux périodes de confinement », souligne Crédit logement/CSA dans son observatoire mensuel publié également ce jeudi. Sur sa propre clientèle, le spécialiste de la caution rattaché aux banques fait même état d’un taux de 1,20% en octobre et 1,21% en novembre.

Nouveau record de production

La Banque de France note également que les nouveaux crédits, hors renégociation, atteignent 20,2 milliards, après 19 milliards en septembre. « Ce chiffre excède de 13 % le précédent plus haut niveau historique de production mensuelle, en octobre 2019, qui s’établissait hors renégociation à 17,8 milliards », souligne l’institution.

C’est pourtant à ce moment-là que, pour éviter un emballement du crédit, le HCSF avait justement recommandé de plafonner à 25 ans la durée des prêts et de limiter à 33% le taux d’effort des emprunteurs (le poids du remboursement de prêt par rapport aux revenus).

Deuxième confinement

La semaine dernière, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, avait d’ailleurs balayé « les mauvais procès sur la ‘dégringolade’ de l’accès au financement immobilier » provoqué par les recommandations de cet organe auquel il siège. De leur côté, les professionnels continuent d’alerter sur l’impact de ces décisions, amplifié par la pandémie, sur les populations aux revenus plus faibles ou encore les primo-accédants.

Cependant, les chiffres d’octobre de la Banque de France ne rendent pas compte des effets du second confinement. Il est probable que celui-ci frappe à nouveau le secteur. Dans son baromètre, Crédit Logement/CSA, note effectivement une forte baisse de la demande de crédit de 15,7 % en novembre en glissement mensuel pour le nombre de prêts. La chute est toutefois moins brutale que celle de mars (-25,5%).

A ce stade, il est difficile de connaître l’effet de la crise sanitaire et celui des recommandation des autorités. Le HCSF entend livrer une première analyste du marché lors de sa prochaine réunion, mi-décembre.

Source : les echos

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