Placement

Crédit immobilier : les banques réclament un apport toujours plus élevé

Publié le 19 janv. 2021 à 18:43

Les effets de la crise commencent à se faire sentir sur le marché des prêts immobiliers. Dans son dernier observatoire, publié mardi, Crédit Logement/CSA observe un véritable décrochage des ménages les plus modestes. Ces derniers ne parviennent pas à suivre les conditions posées par les banques, qui réclament des apports personnels plus élevés. Pour des raisons à la fois prudentielles, mais aussi pour rester dans les clous des recommandations formulées par le Haut conseil de stabilité financière (HCSF).

Selon cette étude trimestrielle, l’apport nécessaire pour obtenir un crédit a en effet progressé de 10,2 % en 2020, alors qu’il avait baissé de 4,9 % et de 5 % les deux années précédentes. « C’est une évolution spectaculaire » juge Michel Mouillard, le responsable de la publication de l’observatoire. Concrètement, au 4e trimestre 2020, l’apport personnel d’un ménage devait couvrir 16,4 % du montant total du prêt pour que celui-ci soit validé, contre 13,7 % un an auparavant.

Pour le spécialiste, la cause principale se trouve dans les recommandations formulées par le HCSF en décembre 2019, alors que ce dernier voyait poindre le risque d’une dérive des conditions d’octroi de crédit. Un apport plus important réduit en effet la charge des mensualités.

Mais la crise du covid-19 a également obligé les banques à revoir leur analyse face à la hausse du risque d’impayés. « Les banques ont restreint leur accès au crédit en prenant en compte les secteurs d’activités frappés par la crise sanitaire, comme l’hôtellerie ou la restauration », souligne un professionnel. Des secteurs où l’on retrouve notamment ces populations plus modestes.

Décrochage

Résultat, « les ménages les moins bien dotés en apport n’ont pas pu rentrer aussi facilement qu’auparavant » dans le marché, ajoute Michel Mouillard. Crédit Logement constate en effet que le nombre d’opérations financées pour les ménages disposant d’un revenu inférieur à trois SMIC a reculé de 24 %. Tandis que dans le même temps, les ménages gagnant cinq SMIC ou plus ont enregistré une baisse du nombre d’opérations trois fois moins importante (-8 %). En outre, la part des emprunteurs modestes dans la clientèle bancaire a baissé.

Dans une étude récente, le courtier en ligne Pretto a lui aussi constaté ce décrochage au profit des ménages les plus aisés. Dans sa clientèle, en grande partie située dans les métropoles, la start-up a constaté une hausse de 23 % de l’apport nécessaire pour obtenir un prêt. Soit une moyenne de 42.875 euros contre 34.883 euros auparavant.

Soutenir la demande

Pour soutenir la demande et éviter d’exclure du crédit trop de ménages, les banques ont continué à contenir les taux vers leur niveau de 2019, après la hausse enregistrée au premier semestre. Sur les trois derniers mois de l’année, le taux d’emprunt moyen s’est établi à 1,20 % après 1,23 % au trimestre précédent.

En décembre, il est même tombé à 1,17 %, soit tout près du record de décembre 2019 (1,11 %). Les établissements de crédit ont « aménagé les conditions » pour soutenir un marché fragilisé par « les confinements » et « la montée du chômage », souligne Michel Mouillard.

Pour soutenir la demande, les banques ont également rallongé la durée des crédits au quatrième trimestre. Ceux-ci atteignent maintenant 233 mois, contre 227 mois au 3e trimestre 2020. « Depuis octobre, la durée moyenne s’établit à son niveau le plus élevé jamais constaté », souligne Crédit Logement.

Source : les echos

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