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Crédit immobilier : les experts craignent une vague d’impayés

Publié le 16 nov. 2020 à 6:13

Jusqu’ici tout va bien. Le nombre de dossiers de surendettement déposés depuis le début de l’année est en baisse de 35 % par rapport à la même période l’année dernière. Les banques ne constatent pas de recrudescence d’impayés et quand certains ménages sont tombés en difficultés suite aux effets de la pandémie, elles ont fait preuve de souplesse en accordant des différés de paiement.

Mais alors que la conjoncture repique du nez, après le feu de paille du troisième trimestre et avec la deuxième vague de l’épidémie , les experts redoutent de plus en plus un impact sur l’endettement des ménages, qui a explosé ces dernières années sur fond de taux bas. Le bond du taux de chômage à 9 % au troisième trimestre agit comme un rappel à la réalité.

Près d’un ménage sur deux endetté

« Il n’y a pas d’explosion, mais les gens commencent à venir depuis l’été, même si certains ont annulé leur rendez-vous suite au reconfinement, témoigne Pauline Dujardin, juriste fédérale auprès de Crésus, un réseau d’associations qui accompagnent les ménages et entrepreneurs face à leurs difficultés financières. On s’attend à une grosse vague entre mars et mi-2021 ».

Pour les ménages fragilisés financièrement, Crésus recommande de ne pas attendre les huissiers pour chercher de l’aide. « Avant même le dépôt d’un dossier de surendettement, il existe par exemple la procédure de délai de grâce, qui permet de saisir le juge et celui-ci peut suspendre les mensualités de crédit pendant deux ans », souligne Pauline Dujardin.

« On ne constate pas plus d’impayés sur les crédits immobiliers, déclarait mi-octobre Jean-Marc Vilon, directeur général de Crédit Logement , tout en tablant sur une prochaine hausse. Notre anticipation, c’est de commencer à voir cette vague à partir de la toute fin d’année 2020. Mais en fait, c’est surtout 2021 qui va être marquée par l’arrivée de ces impayés sur le crédit immobilier ».

Les autorités vigilantes

Avec les taux bas, les ménages français, dont un sur deux porte un crédit (y compris à la consommation), sont devenus accros à la dette. Selon la Banque de France, ils représentaient 20 % de la dette des ménages de la zone euro, mais ont contribué pour 40 % à la croissance de l’endettement dans la zone depuis 2015. Face à l’emballement, les autorités ont resserré certaines contraintes en décembre dernier.

Les banques se montrent sereines. « Les revenus des ménages sont très fortement protégés en France, notamment grâce au chômage partiel, selon une source bancaire, soulignant le contraste avec les Etats-Unis. Les emprunteurs ont des revenus récurrents. Il n’y a pas de sujet systémique comme pour les entreprises. » Quand des emprunteurs ont eu des difficultés, ils ont obtenu un différé.

Mais alors que ces moratoires arrivent à leur fin, les autorités sont vigilantes, car une hausse des impayés pourrait entraîner une réaction en chaîne et la fermeture du robinet de prêts par les banques. « Dans ce genre de situation, on stoppe la production et après on s’intéresse au stock en danger, qui nécessite des provisions dans les comptes des banques », explique un expert.

Les banques durcissent leurs conditions

En réalité, les professionnels ont déjà adapté leurs comportements. « On est aujourd’hui plus exigeant dans notre analyse », souligne Crédit Logement, une filiale des banques françaises. Le spécialiste de la caution – qui avait observé un bond de 40 % des recouvrements en 2009, après la crise financière – prend davantage de décisions en analyse humaine et moins sur la base unique des automates.

Selon une enquête de la Banque centrale européenne (BCE), les critères d’octroi des prêts aux ménages se sont encore durcis au troisième trimestre dans la zone euro, et particulièrement en France, les banques faisant état d’une détérioration des perspectives économiques, de l’accroissement du risque de crédit des emprunteurs et d’une moindre tolérance au risque.

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Source : les echos

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