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Crédit Mutuel Arkéa : Jean-Pierre Denis prend du champ

Officiellement, l’objectif n’a pas changé pour Crédit Mutuel Arkéa. La banque bretonne assure toujours vouloir quitter le giron du groupe mutualiste et voler de ses propres ailes. Mais, en moins de six mois, le groupe basé près de Brest, en Bretagne, a vu se dissoudre le binôme de fer qui, pendant dix ans, a tenté de mener à bien le projet.

En février 2020, son directeur général Ronan Le Moal quittait la banque. Parmi d’autres projets, il prévoit de lancer un fonds d’investissement et préside le conseil de surveillance d’une nouvelle banque en ligne, Memo Bank. Mais c’est à présent son emblématique président, le très combatif Jean-Pierre Denis qui – tout en restant en fonction – va à son tour voir son rôle évoluer.

C’est ce qu’indiquent aux « Echos » plusieurs sources confirmant des propos attribués à Jean-Pierre Denis et rapportés par Mediapart. Selon le site d’information, le dirigeant a indiqué courant juin avoir « décidé de [se] concentrer sur des fonctions de président du conseil d’administration du groupe. Je vais désormais prendre du recul et faire bouger sensiblement ma place dans la gouvernance. Cela me conduira à l’avenir à réduire très sensiblement ma présence et mon interaction avec l’entreprise », a-t-il indiqué.

Pas de rémunération variable

Arkéa n’a pas souhaité commenter. Difficile à ce stade de comprendre ce que sous-entendent ces propos. Pour les opposants au projet d’indépendance, il s’agirait bel et bien du début d’une prise de champ, après une série de revers portant sur les ambitions d’autonomie, qui restent encore lettre morte. « Je reconnais qu’il a insufflé une dynamique, mais ensuite il a voulu diriger ‘sa’ banque », déplore un ancien cadre du groupe.

La banque, qui rivalise avec la puissante Alliance fédérale basée à Strasbourg, a également buté sur de récentes tentatives d’évolution de la gouvernance. Après le départ de Ronan Le Moal, à qui a succédé Hélène Bernicot , Arkéa a envisagé d’évoluer vers une structure duale en société à directoire et conseil de surveillance, directoire qui aurait été présidé par Jean-Pierre Denis. Or, il existerait un délai de deux années entre une fonction de surveillance (exercée actuellement par Jean-Pierre Denis) et une fonction exécutive, rendant au moins dans l’immédiat le mouvement inopérant.

Avec ce nouveau statut, il s’agissait aussi, selon des voix critiques, d’échapper à une loi de 1947 sur les coopératives proscrivant les rémunérations variables, pourtant versées aux dirigeants du groupe depuis des années.

« Pas de temps partiel »

Or, le dirigeant ne touchera que la part fixe (530.000 euros en 2019, le variable non versé s’élevant à 1,06 million d’euros) et l’an prochain (au titre de 2020), les mandataires sociaux ayant fait le choix d’y renoncer par avance « dans le contexte lié à l’épidémie de Covid-19 ».

D’autres estiment, à l’inverse, que le mouvement évoqué par Jean-Pierre Denis n’annonce pas un départ : tout en conservant son mandat, qui court jusqu’en 2021, l’homme âgé de 59 ans est désormais en charge d’un « comité stratégie et responsabilité sociétale ».

Derrière ce titre, ce comité est notamment en charge de l’application de la « raison d’être » du groupe… qui inclut toujours l’objectif d’indépendance. De quoi laisser entendre que le projet d’indépendance reste suivi au plus haut niveau.

A l’inverse, l’homme – jusque-là réputé pour sa « proximité » avec la direction générale – prendrait plus de champ avec les opérationnels… une hypothèse qui heurte certains au sein du groupe mutualiste. « Quand on est président, on ne l’est pas à mi-temps, cela ne peut pas être à temps partiel », lance un bon connaisseur.

Source : les echos

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