Placement

Credit Suisse déprécie de 450 millions sa participation dans un hedge fund

Publié le 24 nov. 2020 à 18:17

Credit Suisse a annoncé mardi déprécier massivement sa participation dans un hedge fund new yorkais. La banque helvétique va passer au quatrième trimestre une dépréciation de 450 millions de dollars sur les 30 % qu’elle avait achetés en 2010 pour 425 millions dans York Capital Management, qui a lui-même annoncé la veille un « changement significatif de sa stratégie ».

Fondée en 1991 par James Dinan , et codirigée par Christophe Aurand (diplômé de Sup de co Reims), qui a annoncé lundi son retrait de la société d’ici la fin de l’année, York Capital a géré jusqu’à 26 milliards de dollars au pic de sa forme, en 2015. Depuis, la société a toutefois enregistré des performances médiocres et une fuite des investisseurs, ses actifs sous gestion tombant à 16 milliards.

Selon le « Wall Street Journal », elle aurait réduit ses effectifs de 215 à 180 salariés depuis janvier. York Capital va se concentrer sur des actifs de plus longue durée tels que le capital-investissement, la dette privée et les CLO (titres de dette émis par un véhicule de titrisation), tout en mettant fin à ses activités de fonds spéculatifs européens et scindant ses activités asiatiques.

Quand Credit Suisse était entré à son capital, il y a dix ans, le mouvement avait été perçu comme visionnaire, faisant rencontrer les intérêts des gérants de fonds après deux années de crise et ceux de banques en quête de placements lucratifs et risqués pour leurs clients fortunés. Son rival UBS dispose de son côté de son propre fonds de gestion alternative, O’Connor.

Investissement dans la dette grecque

York Capital Management a notamment investi dans la dette souveraine et les banques grecques aux côtés d’autres fonds spéculatifs dont Brevan Howard ou Fortress. Jusqu’à ses récents déboires, les paris de la société ont profité à son fondateur James Dinan, qui a notamment acheté une participation dans le club de basket Milwaukee Bucks pour 100 millions de dollars.

La décision de Credit Suisse intervient alors que son nouveau patron Thomas Gottstein, qui a pris en février la relève de Tidjane Thiam , a entamé une revue stratégique des activités de gestion d’actifs. La banque s’attend à des restructurations et un toilettage de son portefeuille d’investissements alternatifs.

Les déboires de Credit Suisse ne sont pas sans rappeler, à une échelle différente, ceux du français Natixis, qui a annoncé début novembre son intention de sortir du capital de H20 et une dépréciation de 22 millions d’euros sur sa participation de 50 % dans le gestionnaire alternatif secoué par une vague de scandales.

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Source : les echos

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