Placement

Débuts en fanfare pour Bridgepoint à la Bourse de Londres

Publié le 27 juil. 2021 à 7:00

Les grandes manoeuvres reprennent dans l’univers du haut rendement. Ce lundi, la société de capital-investissement européenne Bridgepoint a fait son entrée officielle à la Bourse de Londres (LSE), et ne cache pas ses ambitions : si elle passe à la vitesse supérieure, c’est pour mettre la main sur des équipes rivales. Son introduction lui a offert une nouvelle monnaie d’échange pour les attirer, qu’il s’agisse de titres ou des capitaux levés à cette occasion.

De quoi figurer en bonne place dans la course à la taille que se livre le secteur, surtout en Europe. « La prime des investisseurs va aux grands acteurs, comme Bridgepoint, ou [à des acteurs] hyperspécialisés. Cette introduction en Bourse va accélérer notre stratégie de croissance par acquisitions, sur de nouvelles adjacences comme les infrastructures ou l’immobilier », déclare Frédéric Pescatori, associé et responsable pour la France et l’Europe du Sud dans la société de capital-investissement.

Tous les salariés actionnaires

D’autres maisons devraient lui emboîter le pas : le fonds français Antin (15 milliards d’euros d’actifs) envisage de s’introduire à Paris, de même que le franco-américain L Catterton (28 milliards de dollars d’actifs), ainsi que TPG aux Etats-Unis, sans compter les rumeurs visant d’autres acteurs.

L’arrivée de Bridgepoint a été largement saluée sur le LSE : le titre grimpait de plus de 4 % le matin à 503,5 pence. La semaine dernière, le cours avait déjà pris plus de 23 % par rapport au prix d’introduction (350 pence) fixé lors du placement auprès des investisseurs.

Dans un environnement de taux bas, Bridgepoint profite de l’appétit des marchés pour les rendements potentiellement offerts par le non-coté. Tous les grands fonds à avoir sauté le pas, de l’américain Blackstone au suédois EQT – dernier acteur en date coté en Europe – se situent à leur plus haut historique en Bourse.

Ce démarrage en fanfare est aussi une bonne nouvelle pour les 300 salariés de Bridgepoint, qui tous deviennent actionnaires (à plus de 13 %) contre la moitié auparavant. Selon Bloomberg, 166 membres de la firme, dont Frédéric Pescatori, ont en outre cédé en partie leurs titres pour 380 millions de livres (445 millions d’euros) dans l’opération.

Avec ses 27 milliards d’euros d’actifs, Bridgepoint anticipait une valorisation de 2,88 milliards de livres (3,36 milliards d’euros) sur la base de son cours initial d’introduction. Ce sera donc nettement plus. Il doit lever au total 907 millions de livres dans cette opération, selon Bloomberg. De quoi lui donner les moyens de franchir, à terme, son objectif : la barre des 50 milliards d’euros d’actifs.

Valorisations élevées

En trente ans, la firme s’est déployée dans six stratégies, de l’investissement dans les PME européennes aux opportunités en crédit. En 2014, elle a repris en France à Edmond de Rothschild une équipe d’investissement dans les petites entreprises. Mais le coup d’accélérateur est venu avec l’entrée du fonds américain Dyal au capital de sa société de gestion en 2018. Ce qui lui a permis de racheter en 2020 les activités de crédit d’un de ses concurrents, EQT (5,6 milliards d’euros d’actifs en crédit), métier en plein essor avec la crise.

L’introduction en Bourse va aussi donner à Bridgepoint un coup d’accélérateur à ses levées de fonds. La prochaine génération de son fonds amiral dans les PME, qui a généré jusqu’à présent 12 à 18 % de taux de rendement annuel net, est en cours de levée et doit atteindre, selon des sources de marché, 7 milliards d’euros. Un chiffre que Frédéric Pescatori se refuse à confirmer.

Changer d’échelle ne l’amènera pas à changer de cible, à savoir les PME valorisées jusqu’à 1 milliard d’euros. « Nous faisons plus d’investissements par fonds que la plupart de nos concurrents », souligne l’associé. Pour autant, ajoute-t-il, « il faut rester prudent sur sa stratégie d’expansion comme sur les investissements aujourd’hui, car les valorisations sont élevées », dit-il.

Source : les echos

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