Placement

Elections en Géorgie : le taux à 10 ans américain repasse au-dessus de 1 %

Publié le 6 janv. 2021 à 10:40

C’est plus qu’un symbole. Alors qu’une victoire démocrate se dessine aux élections sénatoriales de Géorgie, le taux des Treasuries – les obligations d’Etat américaines – à 10 ans a grimpé de 6 points de base pour franchir le seuil des 1 %. Un niveau qu’il n’avait pas connu depuis mars dernier. A l’époque, le choc du Covid 19 sur l’économie mondiale avait poussé les investisseurs à se ruer sur les valeurs refuges, et en premier lieu la dette souveraine américaine. Le prix des obligations américaines avait alors grimpé. Et quand le prix monte, le rendement baisse.

Le rendement à 10 ans des Etats-Unis était alors passé en dessous de 1 % pour la première fois de son histoire, atteignant même un plus bas à 0,314 % en mars. Sur les marchés, certains envisageaient même de le voir passer à 0 %, voire descendre en territoire négatif, comme pour la plupart des Etats européens. Mais depuis, il n’a cessé de remonter, porté notamment par l’espoir d’une reprise économique grâce au vaccin contre le coronavirus. L’hypothèse d’une vague bleue – une victoire totale des démocrates à la présidence et au Congrès dès novembre – a également alimenté la remontée des taux américains.

Soutien budgétaire

Ce mouvement s’est amplifié dans la nuit de mardi à mercredi, alors que tombaient les premières estimations des résultats en Géorgie. Si les démocrates obtiennent les deux sièges en lice – le premier leur est déjà assuré – ils disposeront d’une égalité de voix avec les républicains au Sénat. Et la voix de la vice-présidente, Kamala Haris, sera prépondérante. Avec une chambre des représentants qui lui est acquise, Joe Biden bénéficierait d’une majorité au Congrès, qui faciliterait l’exécution de son programme. Le nouveau président pourrait notamment renforcer le soutien budgétaire à l’économie, via un plan de relance qui devrait être financé par un surcroît d’émissions de dette. Et qui, en faisant redémarrer l’économie, pourrait aussi faire remonter l’inflation. Deux hypothèses de nature à créer des tensions sur les taux.

Les marchés européens ont, eux aussi, réagi. Côté obligataire, les taux à 10 ans – à l’exception de celui de l’Allemagne – remontaient en moyenne de 3 points de base mercredi matin. Les Bourses européennes ont quant à elles ouvert en nette hausse avant de céder du terrain. En début de matinée, le CAC 40 montait de 0,16 %, tandis que le DAX allemand gagnait 0,19 % et le FTSE bondissait de 0,77 %. Les investisseurs ont apprécié la perspective d’une relance budgétaire plus importante outre-Atlantique, un scénario d’autant plus probable que les démocrates disposeront de la majorité au Sénat.

La tech sous pression

A Wall Street, les contrats à terme pointaient vers des divergences marquées entre les principaux indices boursiers à l’ouverture. Le secteur technologique risque d’être sous pression avec un Sénat à majorité démocrate, pris en tenaille entre la menace d’une réglementation plus offensive et la perspective d’une hausse de la fiscalité. Du fait de son poids très important dans les indices américains, un trou d’air du secteur en Bourse a toutes les chances d’entraîner avec lui l’ensemble du marché. Le Nasdaq, très orienté sur la technologie, pourrait céder plus de 2 % dès l’ouverture.

En revanche, l’indice Dow Jones était bien parti pour ouvrir stable, soutenu par les espoirs de relance budgétaire. Pour l’indice S & P 500, plus diversifié que le Dow Jones à coloration industrielle ou que le Nasdaq, les marchés à terme suggéraient une ouverture en baisse de 0,6 %.

Source : les echos

Autres articles à lire

Les créanciers de l’Argentine parlent désormais d’une seule voix

administrateur

Crédit immobilier : les emprunteurs rarement protégés contre la perte d’emploi

administrateur

Le champion allemand du paiement Wirecard inquiète et dévisse

administrateur

Banque d’affaires : Lazard mise sur les restructurations

administrateur

Vers la création d’un poids lourd du courtage d’assurance

administrateur

L’affaire Epstein rattrape le numéro deux mondial du non coté Apollo

administrateur