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Energies fossiles : les investisseurs mettent la pression sur HSBC

Publié le 10 janv. 2021 à 16:56

Les engagements des banques envers des financements plus responsables resteront scrutés de près par les investisseurs en 2021. Plusieurs d’entre eux ont décidé en ce début d’année de mettre la pression sur le premier établissement européen, HSBC.

Quinze investisseurs institutionnels, dont Amundi et Man Group, réunis au sein du collectif ShareAction, souhaitent en effet présenter une résolution lors de la prochaine assemblée générale d’actionnaires en avril, qui contraigne la banque anglo-saxonne à publier de façon plus précise et transparente sa stratégie et ses objectifs pour réduire ses financements dans les énergies fossiles.

HSBC avait, certes, pris l’engagement en octobre dernier de devenir une banque neutre en émissions carbone d’ici 2050. L’établissement avait également annoncé vouloir accompagner ses clients dans leur transition énergétique avec des financements compris entre 750 et 1.000 milliards de dollars. HSBC est considéré comme le principal financeur de projets d’énergies fossiles derrière le britannique Barclays, selon ShareAction.

Mais ces engagements, qui laissaient déjà sceptiques certains investisseurs à l’époque, méritent d’être étayés, considère le collectif, qui rappelle que quelques mois avant cette prise de position, le groupe avait financé des projets à hauteur de 1,8 milliard de dollars pour quatre compagnies, très actives dans les énergies fossiles.

Des objectifs précis

« Le message que nous envoyons est clair : l’objectif de la neutralité carbone n’est tout simplement pas crédible s’il n’est pas accompagné de plans de sortie précis dans les énergies fossiles », explique Jeanne Martin, directrice de campagne chez ShareAction, dans le « Financial Times ».

La résolution qui sera proposée par les investisseurs à l’AG demande ainsi que « l’entreprise rende compte des progrès réalisés par rapport à ses objectifs et à sa stratégie dans son rapport annuel sur une base annuelle, à partir de 2022, y compris un résumé du ​cadre et de la méthodologie, des délais et des hypothèses de base utilisés ».

Face aux demandes des investisseurs, HSBC, qui a divisé par six ses investissements dans l’industrie des sables bitumineux entre 2017 et 2019, assure être « fortement investie dans la lutte contre le changement climatique, conformément à [son] objectif de zéro émissions carbone pour les financements de l’ensemble de [son] portefeuille d’activités ». Et reste « positivement engagée » auprès de ses clients, de ses actionnaires et de ShareAction sur ces sujets.

La banque pourrait proposer sa propre résolution sur sa politique climatique lors de l’assemblée générale des actionnaires.

Source : les echos

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