Placement

Eurazeo bascule dans le rouge au premier semestre

Publié le 29 juil. 2020 à 12h56Mis à jour le 29 juil. 2020 à 13h02

Coup de froid sur le poids lourd français du capital-investissement. Après la publication mercredi de résultats semestriels, le cours dévissait de 5,36 % à l’ouverture de la Bourse, accusant l’une des plus fortes baisses du SBF120.

Impacté par le coup d’arrêt économique imputé par le Covid-19, le groupe aux plus de 18 milliards d’euros d’actifs a annoncé une perte de 390 millions d’euros sur les six premiers mois.

L’Ebitda économique de ses entreprises sous participation a chuté de 53 % sur un an et leur chiffre d’affaires de 24 %. Eurazeo souligne n’avoir « dû soutenir financièrement qu’un nombre limité de sociétés de ses portefeuilles » sur ces six premiers mois, parmi lesquelles le fabricant de parfums de luxe Nest New-York et le réseau d’écoles privées Sommet Education.

Mais la société d’investissement a été contrainte de déprécier quatre d’entre elles pour un total de 417 millions d’euros : l’essentiel (333 millions) provient du spécialiste américain du voyage pour étudiants WorldStrides passé sous chapitre 11 (procédure des faillites aux Etats-Unis) dans lequel Eurazeo a investi avec le Chinois Primavera. La société d’investissement française va y réinjecter 50 millions de dollars.

Au centre de ces dépréciations également, le groupe de détaxe touristique fondé en Irlande Planet Payment (baisse de 50 % de l’actif net), Grape Hospitality, une société qui gère les murs de 85 hôtels économiques sous franchise AccorHotels (baisse de 35 % de la valeur des opérations hôtelières), et enfin le loueur de voitures Europcar qui a vu son cours chuter de 51 % depuis le début de l’année.

Les négociations évoquées autour d’une vente du loueur français au groupe allemand Volskwagen n’ont pas abouti face aux incertitudes liées aux effets de la pandémie.

Une reprise très progressive

Pour ces quatre participations des voyages et du tourisme, « comme anticipé, la reprise sera très progressive », a d’ores et déjà indiqué Eurazeo. Selon des sources évoquées par Reuters, s’il ne trouve pas d’acquéreur, « Europcar devrait ouvrir des discussions avec ses créanciers sur une restructuration de sa dette ».

Au final, la valeur des participations d’Eurazeo par action -l’actif net réévalué, un indicateur clé pour le secteur- a reculé de 12 % sur le semestre. « Compte tenu de notre cours d’hier soir, la décote se monte à 36 %, il faut remonter presque dix ans en arrière pour trouver une décote de ce niveau alors même qu’Eurazeo est aujourd’hui beaucoup plus diversifié, moins volatil et bénéficie d’un montant de revenus récurrents significatifs grâce au développement de la gestion pour compte de tiers », a réagi Philippe Audouin, directeur financier du groupe lors d’une conférence mercredi. Eurazeo met, de fait, en avant sa solidité financière.

Les quatre participations dépréciées ne pèsent en effet que 10 % de son actif net et en dehors du secteur du tourisme et des loisirs, l’Ebitda économique de son portefeuille progresse de 5 % sur la période et son chiffre d’affaires de 4 %.

« Dans un contexte inédit, notre plateforme diversifiée a agi comme stabilisateur, a commenté Virginie Morgon, la présidente du directoire. Notre structure financière solide nous permet d’accélérer et de saisir toutes les opportunités de la reprise ».

Bien que la pandémie continue de sévir aux Etats-Unis, la société d’investissement ne compte d’ailleurs pas remettre en cause sa stratégie d’expansion à l’international. Eurazeo peut s’appuyer sur quelque 4 milliards d’euros de capitaux à investir dans un environnement de forte chute des valorisations.

Source : les echos

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