Placement

Eurazeo lance son fonds avec le chinois CIC et BNP Paribas

Le Covid-19 n’a pas brisé les ponts entre la France et la Chine. Pas plus que les appels à renforcer les contrôles face aux acquisitions étrangères, notamment chinoises. La société d’investissement Eurazeo a annoncé mardi le déblocage d’une première tranche de 400 millions d’euros sur le fonds franco-chinois dévoilé il y a un an, avec le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) et BNP Paribas. 

C’est un tiers de l’enveloppe finale prévue, censée atteindre 1,5 milliard d’euros. Le solde sera apporté par des investisseurs européens et internationaux d’ici à la fin de l’année. Objectif du fonds : investir dans les entreprises françaises voulant se développer en Chine. Selon Eurazeo, elles ne manquent pas. 

« Depuis un moment déjà, la vision de la Chine ‘usine du monde’ était dépassée. Le covid a fait prendre conscience des risques de dépendances dans certains domaines, concède Marc Frappier, membre du comité exécutif d’Eurazeo, actif dans l’Empire du Milieu depuis huit ans. Nous sommes en revanche entrés dans un nouveau temps, où les Européens avec un vrai savoir-faire technologique peuvent se développer en Chine, et y faire des acquisitions pour servir au plus près la demande locale. »

Des premiers investissements sont à l’étude. « Post- crise sanitaire, la Chine demeure un marché de croissance très attractif. Et le fonds sera un accélérateur pour les entreprises européennes avec un ambassadeur de premier plan », avance le dirigeant.

Concurrencer l’Américain Alcon en Chine

C’est le cas pour DORC, une entreprise néerlandaise spécialisée dans les équipements pour la chirurgie ophtalmique. En Chine, ce marché est en partie dominé par l’américain Alcon et les institutions publiques locales voient le développement d’un acteur alternatif européen d’un bon oeil. Le soutien du fonds souverain dans cet investissement doit faciliter les obtentions réglementaires locales et le déploiement des produits de DORC auprès des hôpitaux publics. 

Eurazeo est déjà investi, via d’autres fonds, dans la société et ouvrira une part du capital au véhicule franco-chinois. D’autres projets d’investissement dans des sociétés nouvelles sont par ailleurs en cours d’examen, indique la société de gestion. 

Pour l’heure, peu de fonds entre l’Europe et la Chine sont parvenus à percer, hormis Cathay Capital avec le soutien de la China Development Bank (CDB) sur le segment des PME et de la tech. CIC avait aussi un temps noué une alliance avec l’ex-branche Internationale de la Caisse des Dépôts pour investir en Afrique et en Asie. La crise sanitaire à peine refermée, Eurazeo espère prendre les devants.

Source : les echos

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