Placement

Fonds souverain : la Norvège a gagné plus de 100 milliards d’euros durant la crise de la COVID-19

Publié le 25 févr. 2021 à 13:05

Le fonds souverain norvégien a gagné 10,9 % en 2020, soit 104 milliards d’euros après avoir perdu 3,4 % au premier semestre . Une très belle performance – même si elle est loin du recorde de 25,6 % enregistré l’année suivant la grande crise de 2008 – réalisée ans une année mouvementée. Au plus fort de la crise de la COVID-19, pratiquement tous ses 518 collaborateurs travaillaient depuis leurs domiciles. Mais le fonds a automatisé au maximum sa gestion de portefeuille pour en limiter les coûts et gérer des masses importantes de capitaux. 96 % des 30 millions de transactions financières et boursières réalisées en 2020, l’ont été de manière automatique, à l’aide de programmes informatiques.

Investisseur de long terme

Plus grand fonds souverain au monde, il gère aujourd’hui 1.075 milliards d’euros, soit 200.000 euros par habitant. Il veut faire fructifier la manne pétrolière du pays, qui représente près de 20 % de son PIB dans la perspective de l’extinction de ses ressources d’hydrocarbures. Celle-ci ne devrait intervenir que dans 40 à 50 ans, ce qui permet au fonds d’investissement étatique d’avoir une politique d’investissement à très long terme et de tolérer une certaine volatilité de son rendement en investissant massivement sur les actifs les plus rentables que sont les actions . Elles représentent ainsi 73 % du total de ses capitaux et lui ont rapporté 12,1 %.

GAFA et Tesla

Le fonds est investi dans plus de 9.100 entreprises cotées et dans 72 pays sauf chez lui en Norvège car il estime qu’il doit avant tout diversifier son économie en plaçant son argent à l’étranger. En outre, compte tenu de sa taille très importante, le fonds créerait une bulle boursière sur son marché s’il plaçait son argent sur les actions norvégiennes. Ses plus fortes participations portent essentiellement sur les grandes valeurs technologiques américaines , qui lui ont rapporté 42 % en 2020. Ses principaux placements sont sur les GAFA, tel Apple, Microsoft, Amazon, Alphabet et Facebook. Il n’a pas résisté à l’attrait de Tesla, sa 12e plus forte participation avec 5,5 milliards de dollars. Le premier groupe français de son portefeuille est LVMH (19e position avec un investissement de 4 milliards de dollars).

Dettes japonaises et allemandes

Les obligations, qui pèsent pour le quart de ses encours, lui ont rapporté 7,5 %. L’année dernière il a augmenté ses investissements sur les dettes d’Etat allemandes et japonaises et diminué son exposition sur les obligations d’Etat italiennes et françaises. Fin 2020, il détenait 7 milliards d’euros de dette d’Etat de l’Hexagone. Ses investissements les plus importants restent sur les titres obligataires américains. Tous actifs confondus (actions, obligations, immobilier) les Etats-Unis représentent 42 % des placements du fonds souverain suivi par le Japon (9 %) et le Royaume-Uni (7 %).

54.000 euros par mois

Le fonds souverain norvégien, est dirigé depuis septembre par un ancien gérant de hedge fund, Nicolai Tangen après un processus de nomination mouvementé . Pour 4 mois de travail, le nouveau directeur général du fonds a perçu près de 217.000 euros, soit un salaire mensuel de 54.000 euros. Une somme très modeste au regard de sa fortune personnelle estimée à plus de 470 millions d’euros. Le nouveau dirigeant a rendu hommage au travail de son prédécesseur Yngve Slyngstad, qui a bâti « une organisation exceptionnelle » qui a pu résister à une nouvelle crise économique.

60 milliards d’euros placés en France

Le fonds souverain norvégien a des investissements de près de 60 milliards d’euros (actions, dette, immobilier) en France. Fin 2020, ses placements sur près de 200 actions françaises étaient estimés à 38 milliards d’euros, contre 34 milliards un an plus tôt. En pourcentage du capital, ses plus fortes participations sont dans Gecina (9,35 % des actions) et Arkema (6,7 %). En montant, ses investissements les plus importants sont sur LVMH, Sanofi, L’Oréal, Schneider, BNP Paribas, Kering et Air Liquide. Le fonds souverain a misé sur 71 obligations françaises (16,2 milliards d’euros) et dans l’immobilier (5,2 milliards) notamment à Paris. La France est sa cinquième destination avec 5,4 % de ses capitaux juste derrière l’Allemagne (5,6 %).

Source : les echos

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