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Hôtellerie-restauration : Le Maire pose un ultimatum aux assureurs

Publié le 2 déc. 2020 à 15:57Mis à jour le 2 déc. 2020 à 16:59

Nouveau coup de pression sur les assureurs. Mardi soir, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a demandé aux assureurs de s’engager « au moins » sur un gel des primes pour les cafés, hôtels et restaurants. Faute de quoi, l’exécutif pourrait laisser adopter par les parlementaires une taxe coûtant 1,2 milliard d’euros au secteur.

« C’est le geste minimal que je leur demande, qu’ils gèlent les primes d’assurance et je pense qu’ils peuvent faire encore un peu mieux, a déclaré mardi soir le ministre Bruno Le Maire, interrogé sur la chaîne de télévision LCI, à l’issue d’une réunion avec les représentants du secteur. Ils ont jusqu’à lundi prochain pour le faire. »

Le secteur a déjà annoncé des mesures de soutien aux entreprises, notamment en dotant le fonds de solidarité de 400 millions d’euros en faveur des entreprises et des indépendants, mais « ce n’est pas suffisant », selon le ministre.

Un prélèvement « très brutal » pour les assureurs

Ces déclarations interviennent après que le Sénat a adopté un amendement lors des débats sur le budget 2021 instaurant une « taxation exceptionnelle de solidarité » de 2 % assise sur les primes des contrats d’assurance dommages.

Ce prélèvement estimé à 1,2 milliard d’euros est « très brutal pour les assureurs », a reconnu Bruno Le Maire alors que l’exécutif a par ailleurs décidé de taxer les assureurs santé à hauteur de 1,5 milliard. Ce constat n’a pas empêché le ministre de prévenir que « si lundi prochain, il n’y a aucun geste qui est fait (….) on adoptera cet amendement ».

« Il y a des marcheurs qui pourraient être favorables à cette taxe. Il y a le sentiment dans tous les groupes politiques que les assureurs ne font pas le job. Il y a une pression de l’opinion publique », explique Valéria Faure-Muntian, députée (LREM). Le gouvernement s’est dit défavorable à la taxe, lors des débats au Sénat, mais il peut être d’autant plus sensible aux signaux envoyés par les parlementaires de son bord que les discussions autour de la loi de sécurité globale ont tourné à l’affrontement avec la majorité .

« On voit bien qu’on est dans une problématique politique », constate Thierry Martel, le patron de Groupama et par ailleurs représentant des assureurs mutualistes au sein de la Fédération Française de l’Assurance (FFA).

« Ce n’est pas compliqué pour le secteur mutualiste de s’engager dans des gels de primes, on pense tellement que c’est légitime qu’on l’a déjà fait », avance-t-il, assurant que les assureurs vont plancher sur d’autres propositions.

Débat sur l’assurance auto

Dans la majorité, Valéria Faure-Muntian, évoque pour sa part l’idée d’élargir le gel aux contrats de santé et prévoyance des entreprises et à d’autres acteurs que les hôteliers et les restaurateurs pour en faire bénéficier aussi le tourisme, les loisirs, les discothèques, les activités sportives, etc.

Selon nos informations, la piste d’un geste en faveur des assurés automobiles a aussi été évoquée. Ceci serait bien vu des associations de consommateurs, qui ont réclamé des ristournes. Cette solution aurait cependant rencontré beaucoup d’opposition.

Depuis le début de la crise, les assureurs sont dans le viseur des clients et des politiques. Ils ont été accusés de se défausser de leurs obligations de couvertures des pertes des entreprises. On leur a aussi reproché de profiter de la baisse des dépenses de santé et de celles des accidents automobiles pendant le confinement. Le sort des hôteliers et des restaurateurs, touchés de plein fouet par les confinements, cristallise toutes les tensions .

2 milliards d’euros de sinistres en plus

Celles-ci ont monté d’un cran depuis que les assureurs ont demandé à certains clients d’accepter des avenants précisant qu’ils ne seront pas couverts à l’avenir contre les conséquences d’une pandémie.

De leur côté, les assureurs considèrent que les critiques qui leur sont adressées sont souvent « injustes ». Ils disent avoir mis 2,1 milliards d’euros sur la table pour aider les entreprises sous forme d’aides financières, d’annulations de loyers ou encore de remises de primes. Ils reconnaissent avoir fait des « économies » sur l’automobile mais évaluent malgré tout l’augmentation de la charge des sinistres liée à la crise à 2 milliards.

Source : les echos

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