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Huile de palme : La Niña dope la production indonésienne

Publié le 29 oct. 2020 à 6:51

L’industrie de l’huile de palme voit d’un bon oeil le phénomène climatique La Niña . Le refroidissement de la surface de l’océan pacifique bouleverse le climat de la planète, et si des sécheresses sont attendues sur le continent américain, le Sud-Est asiatique prévoit, lui, des pluies abondantes.

Grâce à ces conditions favorables la production en Indonésie peut atteindre le record historique de 5 millions de tonnes par mois, selon les représentants de l’Association indonésienne de l’huile de palme, connue sous le nom de Gapki. Le pic devrait intervenir en octobre et en novembre.

Une aubaine pour l’Indonésie

En août déjà, l’Indonésie avait produit 4,81 millions de tonnes, un record mensuel depuis 2016, date à laquelle le lobby indonésien a commencé à publier ses données. En 2019, année sèche, dans les plantations, la production avait atteint 4,7 millions de tonnes en mai.

Pour l’Indonésie, c’est une aubaine, car sa voisine la Malaisie rencontre des difficultés à embaucher de la main-d’oeuvre ce qui devrait contenir la hausse potentielle de la production globale. En Malaisie, près de 80 % de la main-d’oeuvre dans les plantations est étrangère. Mais avec les mesures de restrictions sanitaires, les candidats sont toujours moins nombreux.

Pertes de production

Les employeurs ont beau proposer des augmentations et des avantages, les travailleurs étrangers veulent rentrer chez eux et craignent de venir en Malaisie de peur d’y rester coincés. La pénurie est telle que certaines plantations ont envisagé de faire appel à des prisonniers et des toxicomanes .

Les nouvelles mesures envisagées par le gouvernement pour endiguer la circulation du virus ne devraient rien arranger. Dans la province de Sabah, plus grande région productrice, tourner avec 50 % des effectifs entraînerait une perte de production estimée à 300.000 tonnes par mois.

Rechute

Les observateurs anticipent en conséquence des prix au-dessus de 2.500 ringgits la tonne, soit 600 dollars. A la Bourse de Kuala Lumpur, la tonne d’huile brute cote actuellement autour de 3.000 ringgits , soit 720 dollars.

Les cours de l’huile de palme sont toutefois de nouveau mis à rude épreuve en raison des craintes de deuxième vague. Avec les nouveaux confinements qui se profilent, les opérateurs de marché redoutent une nouvelle chute de la consommation de carburant dans le monde et donc d’huile de palme, un ingrédient essentiel dans la composition des biodiesels.

Hausse des taxes d’exportations

Par ailleurs la chute des cours du pétrole, passé sous 39 dollars le baril, rend moins intéressant le recours à l’huile de palme pour la fabrication d’agrocarburants. L’écart entre l’huile végétale et le diesel est proche de son plus haut niveau depuis 2011 mettant en péril les programmes de biodiesel en Indonésie et en Malaisie.

Enfin, Airlangga Hartarto, le ministre indonésien des Affaires économiques a annoncé que le premier producteur au monde allait augmenter les taxes à l’exportation si les prix dépassaient les 695 dollars la tonne. Cette décision a poussé nombre d’investisseurs à vendre leurs positions sur l’huile brute.

Source : les echos

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