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JP Morgan et Citi déjouent les pronostics

Publié le 13 oct. 2020 à 17:29Mis à jour le 13 oct. 2020 à 18:27

« Je n’anticipe pas de retour à la normale avant l’été 2021. Nous allons devoir vivre avec cela » déclarait, il y a quelques jours Jamie Dimon, le patron de la première banque américaine, évoquant la crise du Covid-19.

Mais la banque qu’il dirige, JP Morgan, tout comme sa rivale Citi, qui publiaient mardi leurs résultats trimestriels, ont toutefois très bien traversé les turbulences de la crise sanitaire, marquée par des provisions records en début d’année.

Les deux banques ont affiché des performances au-dessus des attentes, et significativement ralenti le rythme des provisions liées aux défauts de paiement.

Entre juillet et septembre, JP Morgan a généré 29,1 milliards de dollars de revenus (stables sur un an) pour 9,44 milliards de dollars de profit net (+4 %). Son bénéfice par action ressort ainsi à 2,92 dollars sur le troisième trimestre, contre 2,23 euros anticipés par les analystes, selon les données Refinitiv.

Cette progression a été tirée par les revenus des activités de trading – en raison du rebond des marchés financiers – qui ont progressé de 30 % sur le trimestre, à 6,6 milliards de dollars portant à +52 % la croissance du résultat de la banque d’investissement (4,3 milliards de dollars).

Cette performance se couple avec des perspectives qui s’améliorent sur les risques de crédit, puisque la banque a passé seulement 611 millions de dollars de nouvelles provisions, contre près de 10,5 milliards au deuxième trimestre.

Michael Corbat, le patron de Citi, s’est lui aussi montré confiant. « Nous continuons de traverser la pandémie du Covid extrêmement bien, a-t-il déclaré à l’occasion des résultats. Les coûts liés au crédit se sont stabilisés, les dépôts continuent de croître et les revenus sont en hausse de 3 % depuis le début de l’année ».

Malgré un recul de 34 %, la banque américaine a, comme JP Morgan, largement battu les anticipations des analystes avec un bénéfice net de 3,2 milliards de dollars, contre 1,8 milliard attendu.

Son bénéfice par action ressort ainsi à 1,40 dollar, contre 0,92 prévu par le consensus des analystes. La forte croissance des revenus du trading (+15 % dans les métiers actions et +18 % dans l’obligataire) ont porté, comme chez JP Morgan, ses revenus du trimestre (17,3 milliards de dollars, -7 %).

Dégradation des prévisions de croissance

Mais la banque a surtout surpris les analystes par le très fort ralentissement de ses provisions pour défaut de paiement. Après avoir mis de côté quelque 15 milliards de dollars au premier semestre, Citi n’a passé « que » 2,26 milliards de dollars de provisions sur le trimestre.

Des chiffres qui contrastent avec le ralentissement de l’économie américaine, le niveau encore élevé du taux de chômage, et le nombre de sociétés en restructuration. Citi, a pourtant dégradé ses prévisions en matière de croissance (prévoyant un PIB en hausse de 3,3 % en 2021, contre 5,5 % initialement) et de marché de l’emploi.

Devant les investisseurs en septembre, son directeur financier Mark Mason avait dit prévoir « une croissance additionnelle des réserves, bien que pour un montant significativement plus faible ».

Sans lien direct avec la crise, les deux banques ont vu par ailleurs la régulation financière peser sur leurs comptes du trimestre. Fin septembre, JP Morgan s’est acquitté de 920 millions de dollars pour manipulation sur les marchés des métaux .

Citi de son côté a également dû verser 400 millions de dollars pour des défauts de contrôles internes à son superviseur bancaire, ce dernier critiquant « de sérieuses et anciennes déficiences et des pratiques non sécurisées voire hasardeuses » dans sa gestion des risques. La sanction a contribué à faire grimper de 5 % les dépenses de la banque à près de 11 milliards de dollars.

Source : les echos

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