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La Banque de France a limité les dégradations de notes d’entreprises en 2020

Publié le 17 janv. 2021 à 12:31

C’est l’une des grandes craintes des entreprises en cette fin d’année : qu’en raison du coup d’arrêt subi en 2020 par l’économie, leur cotation Banque de France – une notation financière témoignant de leur santé – soit brutalement dégradée. Avec des effets en cascade, dont un accès plus difficile au crédit bancaire.

Or, ces craintes paraissent à ce stade infondées. « Mon analyse est que nous n’avons pas plus décoté que les années précédentes. En revanche, il y aura certainement moins d’amélioration de cote », estime Alain Gerbier, directeur des entreprises à la Banque de France.

L’institution passe en revue chaque année 260.000 entreprises en se basant à la fois sur leurs bilans et leurs perspectives. Les données chiffrées étant complétées par un questionnaire ou un entretien avec le dirigeant.

En temps normal, en moyenne, 20 % des entreprises voient alors leur note abaissée, elle remonte dans 20 % des cas, et reste stable à 60 %.

Mais la campagne 2020 de notations a été un peu particulière en raison de la crise sanitaire et de la mise à l’arrêt de pans entiers de l’activité.

Des travaux mis sur pause

La Banque de France a en effet interrompu ses travaux de cotation en avril dernier pour des raisons à la fois pratiques et politiques : en raison du confinement, de nombreuses entreprises n’ont pas pu clôturer à temps leurs comptes annuels, et il ne fallait pas cristalliser la note de l’année dans une période aussi incertaine.

Les opérations ont pu reprendre à l’automne dernier. Mais voir les notes Banque de France se maintenir dans l’ensemble peut sembler contre intuitif.

« Nous sommes bien dans l’idée de favoriser le financement de l’économie, de nous inscrire dans le plan de relance du gouvernement, et en même temps de ne pas casser le thermomètre », poursuit l’institution, en attribuant des notes qui ne refléteraient pas suffisamment les difficultés économiques du moment.

Ainsi, les analystes évaluent une entreprise sur « la durée du cycle », soit trois ans, ce qui permet de tenir compte d’un futur rebond.

Dans une note à ses membres, en octobre dernier, le Medef recommandait ainsi de présenter « clairement le caractère exceptionnel des éventuelles difficultés rencontrées [ou des] des perspectives d’amélioration pour l’entreprise peut permettre de maintenir ou d’améliorer cette cote ».

Autre argument, les effets économiques de la crise ne sont pas brutaux, mais en réalité lissés dans le temps, comme en témoigne – à ce stade – la chute inhabituelle du nombre de défaillances.

Tenir compte des capacités de rebond

Cette bienveillance va se poursuivre pour la prochaine campagne de notation. « Les analystes auront pour consigne de tenir compte des capacités de rebond des entreprises », note Alain Gerbier.

Ainsi, les comptes 2020 des entreprises vont être marqués par une hausse importante de leur endettement , liée à la souscription de prêts garantis par l’Etat (PGE)… sans forcément entraîner une dégradation de notation.

« Pour certains, il ne s’agit que d’une ligne de confort », relativise Alain Gerbier. « Nous regarderons également les futurs prêts participatifs : ces derniers ne correspondent pas à de l’endettement classique mais faciliteront plutôt le rebond à venir ».

Reste que les notes attribuées doivent tout de même s’inscrire dans des standards internationaux. « Ce que nous devons respecter, ce sont des taux de défaut moyen par classe de cotation. Pour l’instant, nous les respectons parfaitement », affirme Alain Gerbier.

Source : les echos

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