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La Banque de France va reverser 6,1 milliards d’euros à l’Etat

L’Etat peut se frotter les mains. La Banque de France va reverser un montant record à la collectivité cette année : 6,1 milliards d’euros en impôt et dividendes, soit 500 millions de plus que l’année passée. Et ce, en dépit d’une baisse de son produit d’activités, passé de 9,2 à 8,6 milliards d’euros. La chute est encore plus prononcée pour le résultat net, qui atteint 3,8 milliards d’euros contre 4,6 milliards l’année précédente, du fait d’une charge pour impôts plus élevée en 2019.

La hausse de l’impôt dû par la Banque de France, malgré un résultat en baisse, s’explique par la performance exceptionnelle des marchés actions en 2019. La caisse de réserve des employés et les fonds propres de l’institut investis dans des fonds d’investissements ont en effet dégagé des plus-values latentes imposables de 1,15 milliard d’euros sur l’année écoulée, a précisé aux « Echos » un porte-parole de la Banque de France.

Forte appréciation des réserves d’or

L’influence de la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) sur les résultats de la Banque de France continue d’être déterminante. La fin du programme d’assouplissement quantitatif (QE) en décembre 2018 a mécaniquement réduit les rendements d’intérêts perçus par l’institut monétaire sur son portefeuille de titres au cours de l’année. La reprise des achats en novembre 2019 n’a de fait pas entièrement compensé le volume des titres arrivés à échéance au cours des mois précédents. Les produits d’intérêts perçus par la banque centrale se sont donc inscrits en recul de près de 600 millions d’euros.

Le bilan de l’institution monétaire affiche toutefois une légère progression à 1184 milliards d’euros, porté par la hausse des billets en circulation et l’appréciation de 15 % sur l’année de ses stocks d’or, à 106 milliards d’euros. Il devrait en toute logique reprendre une trajectoire fortement ascendante en 2020 grâce au programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP) de 1.350 milliards d’euros lancé en mars par la BCE, et au succès des nouvelles opérations de prêts de long-terme aux banques (TLTRO).

Les revenus de la Banque de France ont également été tirés par le taux d’intérêt négatif auquel les réserves excédentaires des banques sont soumises – c’est à dire qu’elles reversent des intérêts à l’institut pour y déposer leur liquidités excédentaires. Il est passé en septembre 2019 de -0,40 % à -0,50 %. La mise en place du « tiering » peu après a permis d’alléger la facture pour les banques françaises, en multipliant par 6 les montants des réserves exonérées. Elles conservent toutefois encore plus de 1.000 milliards d’euros de réserves excédentaires soumises au taux négatif.

Efforts sur les coûts de fonctionnement

Du côté des dépenses, la Banque de France a poursuivi l’année dernière sa politique de réduction des coûts. Le nombre d’employés équivalents temps-plein est tombé pour la première fois sous les 10.000. Les frais de personnel ont reculé de 930 à 875 millions d’euros. Depuis 2015, les coûts de fonctionnement de l’institut sont passés au total de plus de 1,05 milliard d’euros à 915 millions. En revanche, les charges de retraites se sont inscrites en hausse, à 502 millions d’euros contre 486 millions en 2018.

Les rémunérations du gouverneur François Villeroy de Galhau (287.956 euros) et du premier sous-gouverneur (231.737 euros) sont restées quasiment stables d’une année sur l’autre. En revanche, la rémunération de Sylvie Goulard (210.251 euros), seconde sous-gouverneure, a sensiblement reculé suite à la prise d’un congé sans solde en septembre et octobre 2019.

Source : les echos

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