Placement

La Banque du Japon devient le premier actionnaire des entreprises du pays

Publié le 11 déc. 2020 à 6:30

Toujours plus. La Banque du Japon (BoJ) continue d’accumuler des actions à un rythme effréné. Elle en détient désormais pour plus de 45.000 milliards de yens, soit environ 355 milliards d’euros, l’équivalent de plus de 6 % du marché japonais, selon l’institut de recherche local NLI. La banque centrale dépasse ainsi le fonds de pension public japonais, le GPIF, l’un des plus grands au monde, au palmarès des principaux actionnaires du marché.

Et elle n’a pas terminé ses emplettes. Pionnière des politiques hétérodoxes, ses achats d’actions font partie de sa panoplie d’outils depuis 10 ans. Aujourd’hui encore, elle est la seule banque centrale à intervenir directement sur les marchés actions. En mars, face à la brusque chute des cours, elle a décidé de doubler son enveloppe annuelle consacrée à ces acquisitions à 12.000 milliards de yens maximum. Ses achats ont été particulièrement importants en avril, lorsque les marchés étaient au plus bas.

Un pactole théorique

Mais elle reste active en dépit du rebond des cours ces dernières semaines. Jeudi, elle a encore acheté pour 1,2 milliard de yens d’ETF, portant le total cette année à près de 7.000 milliards, un record historique. Pour le moment, la BoJ est gagnante. La hausse historique du Nikkei en novembre, désormais à son plus haut niveau depuis 1991, a permis à la banque centrale d’accumuler environ 10.000 milliards de yens de gains sous-jacents. Des profits théoriques, la banque centrale n’ayant aucune intention de céder ses titres.

Son pactole est donc voué à continuer de grossir. D’autant que les actions japonaises ont de bonnes chances de continuer à grimper. Les entreprises japonaises ont accumulé du cash ces dernières années et sont de plus en plus promptes à le reverser à leurs actionnaires. Avec un rebond de plus de 40 % des bénéfices attendu l’année prochaine, le marché japonais attire de plus en plus d’investisseurs internationaux. Ils sont repassés à l’achat depuis octobre, avec une accélération des flux en novembre.

« Le Japon apparaît comme un nouveau havre de sécurité, axé sur la reprise de la croissance, avec un marché action sous-évalué, peu endetté et encore peu détenu par les investisseurs internationaux », s’enthousiasment les analystes de la Société Générale, qui ont fait des actions japonaises l’un de leurs grands paris pour 2021. Ils s’attendent à ce que le Nikkei grimpe à 29.500 points d’ici à la fin de l’année prochaine, soit une hausse de plus de 10 % par rapport à son niveau actuel.

Source : les echos

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