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La Banque mondiale va émettre des obligations pour sauver les rhinocéros

Publié le 17 avr. 2021 à 9:02

Solliciter les marchés pour sauver les rhinocéros. Telle est l’idée originale sur laquelle planche actuellement la Banque mondiale. L’organisation met la dernière touche à une innovation financière : les « wildlife bonds », des obligations finançant la préservation de la vie sauvage. Un projet monté en coopération avec le Rhino Impact Investment Project, de la Zoological Society of London, et des réserves naturelles sud-africaines.

La Banque mondiale a toujours joué un rôle de pionnier dans le financement des actions pour la planète. Elle a compté parmi les premiers émetteurs d’obligations vertes, dès 2008. Et, plus récemment, elle a favorisé la naissance de « blue bonds » qui financent des projets liés à la protection des océans . Avec ce premier « wildlife bond », elle s’attaque donc au problème de la sauvegarde des espèces animales.

Pas de coupon

L’idée est d’allouer 45 millions de dollars à deux réserves naturelles d’Afrique du Sud, qui ont pour mission de protéger les rhinocéros noirs, traqués par les contrebandiers pour leur corne. Cette dernière, réduite en poudre, est très prisée en Asie pour ses prétendues vertus aphrodisiaques. Leur population mondiale est passée de 65.000 individus il y a cinquante ans à moins de 5.500 aujourd’hui. Via une de ses filiales, la Banque internationale pour la reconstruction et le développement, va donc émettre des obligations d’une maturité de cinq ans et notées AAA.

Outre leur objectif inédit, ces titres présentent un caractère surprenant. Ils n’offrent pas de coupon annuel. Les investisseurs qui les achèteront ne percevront donc pas d’intérêts pendant la durée de vie de l’obligation. Ils récupéreront leur capital lorsqu’elle arrivera à maturité et toucheront une rémunération qui sera fonction de l’atteinte ou non d’un objectif. En l’espèce, un taux de progression annuel de 4 % de la population des rhinocéros dans les réserves concernées. Ce paiement additionnel sera versé par le Fonds pour l’environnement mondial, créé lors du sommet de la terre de Rio, en 1992, et rassemblant plus de 40 pays donateurs. Son montant n’a pas encore été communiqué par la Banque mondiale.

Objectif positif

C’est la première fois que la Banque mondiale met au point une obligation dont la rémunération est liée à un objectif positif. Les investisseurs sont ainsi directement associés à la réussite d’un projet environnemental, et non, comme pour les « obligations catastrophes » ou les calamiteuses « obligations pandémies » à la non-survenance d’un évènement dramatique.

En cas de succès, l’opération pourrait être étendue à la protection d’autres espèces menacées, comme les lions, les tigres, les gorilles ou les orangs-outans. D’ores et déjà, 100 millions de dollars de « wildlife bonds » aux objectifs non précisés pourraient être levés en parallèle des « rhinobonds », annonce Bloomberg. La première émission, montée par Credit Suisse, devrait avoir lieu avant la fin du trimestre.

Source : les echos

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