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La BCE maintient son soutien à l’économie

Les décisions du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, qui vient de s’achever, étaient particulièrement attendues . Dans un contexte de retour de l’inflation et de réouverture de l’économie européenne, la question d’une réduction du soutien de la BCE à l’économie avait commencé à se matérialiser dans le marché .

Mais la banque centrale a gardé son cap ultra-accommodant. Elle a laissé ses taux directeurs à leurs niveaux actuels – ce qui ne faisait guère de doute. Le taux de la facilité de dépôt reste fixé à -0,5 %, le taux de refinancement à zéro et le taux de la facilité de prêt marginal à 0,25 %.

PEPP

Les interrogations portaient surtout sur l’avenir du programme d’achats « urgence pandémie » (PEPP) mis en place par la BCE en mars 2020, au coeur de la crise du Covid. Le communiqué reprend les mêmes termes que celui publié en mars dernier : « sur la base d’une évaluation conjointe des conditions de financement et des perspectives d’inflation, le Conseil des gouverneurs s’attend à ce que les achats dans le cadre du PEPP au cours du prochain trimestre soient effectués à un rythme nettement supérieur à celui des premiers mois de cette année. »

Autrement dit, le rythme d’achats devrait se maintenir à 80 milliards d’euros par mois. Après un début d’année agité sur le marché des taux d’Etats européens, la BCE avait annoncé en mars qu’elle augmentait « significativement » ses acquisitions . Tout en prévoyant d’étudier lors de sa réunion de juin si cette accélération était toujours nécessaire.

La BCE n’a même pas précisé si elle comptait procéder à des ajustements pendant la trêve estivale, lorsque les volumes échangés sur les marchés sont moins importants. Une position donc très accommodante, étant donné le contexte économique, mais qui devrait calmer les marchés.

Quelques voix, notamment en Europe du Nord, avaient appelé à réduire la voilure dès juin. Mais cette hypothèse d’un « tapering » avait été résolument battue en brèche notamment par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, ou François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. Les investisseurs ne s’attendaient pas à un tremblement de terre de ce côté là.

Prévisions économiques

La pérennité du PEPP n’était donc pas remise en cause, mais les marchés attendaient cette réponse sur le rythme des achats. Ce ne sera qu’en septembre qu’une décision éventuellement plus drastique pourrait être prise. La présidente de la BCE sera interrogée sur ce thème lors de la conférence de presse qui débutera à 14 h 30.

Les investisseurs seront également particulièrement attentifs aux prévisions économiques mises à jour qui seront publiées par la BCE. Et surtout aux chiffres de l’inflation.

La banque centrale l’a précisé à de nombreuses reprises : les éventuelles modifications de la politique monétaire dépendront des anticipations d’inflation à moyen-long terme (autrement dit, 2023). Une façon de tempérer la récente hausse des prix, qui a atteint 2 % – l’objectif de la BCE – sur un an en mai pour la zone euro. Et de justifier le maintien de ses interventions dans le cadre du PEPP, au moins jusqu’à sa date limite, en mars 2022.

Source : les echos

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