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La BCE pourrait s’inspirer de la Fed pour sa cible d’inflation

Retrouver une crédibilité en matière d’inflation. C’est l’un des principaux enjeux de la revue stratégique que mène actuellement la Banque centrale européenne, et qui devrait aboutir cet automne.

Depuis près de dix ans, l a BCE n’a pas réussi à atteindre son objectif d’une inflation – « proche, mais en dessous, de 2 % », garante de la fameuse stabilité des prix, censée créer un cadre idéal pour la croissance de l’activité. Et ce, malgré les centaines de milliards d’euros de liquidités injectés sur les marchés via ses achats d’actifs, et des taux directeurs à 0 %, voire négatifs.

La crise du coronavirus n’a rien arrangé, faisant même plonger l’inflation en territoire négatif de septembre à décembre. Une embellie a certes été constatée depuis le début de l’année. Mais, d’une part, elle risque d’être provisoire. Et, d’autre part, même à 1,6 % sur un an en avril, l’inflation reste bien en deçà de sa cible.

Retrouver sa crédibilité

L’un des indicateurs les plus suivis par les économistes de la BCE, le « 5 ans dans 5 ans » le prouve. Celui-ci mesure les anticipations d’inflation moyenne à 5 ans sur une période débutant dans cinq ans. Même s’il a bien remonté récemment, il se traîne, là encore, en dessous de 1,6 %.

La banque centrale, si elle veut retrouver sa crédibilité, peut difficilement manipuler le thermomètre ou abaisser son objectif. Parmi les hypothèses étudiées, l’idée d’une cible symétrique d’inflation a fait son chemin. La BCE pourrait la laisser dépasser temporairement 2 % sans pour autant immédiatement resserrer sa politique monétaire.

L’objectif est de provoquer un électrochoc sur les marchés, qui semblent voir dans cette cible un plafond infranchissable. « La promesse de dépassement de l’inflation augmente les attentes d’inflation », avait expliqué en octobre dernier , Christine Lagarde la présidente de la BCE. Mais au sein du Conseil des gouverneurs, certains veulent aller plus loin.

Exemple américain

C’est le cas d’Olli Rehn, le gouverneur de la Banque de Finlande. Dans une interview au « Financial Times » dimanche, il a appelé la BCE à accepter que l’inflation dépasse son objectif pendant une période longue, afin de compenser les nombreuses années où elle a évolué en dessous de la cible. Une stratégie qui est celle adoptée par la Réserve fédérale américaine l’an dernier, à l’issue de sa propre revue.

Mais l’idée d’adopter cette « cible flexible d’inflation moyenne » ne convainc pas forcément tous ses homologues au sein du Conseil des gouverneurs. En refusant d’encadrer, par exemple, la période pendant laquelle la hausse des prix peut dépasser son objectif, la Fed se place dans une situation inconfortable, estiment certains.

Le risque est qu’elle ne puisse réagir immédiatement en cas de trop forte envolée de l’inflation, puisqu’elle a promis d’être patiente. Une fois qu’une telle promesse est gravée dans le marbre, il faut quasiment une nouvelle revue stratégique pour revenir en arrière.

Source : les echos

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