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La bulle de Wall Street continuera de gonfler, à moins que…

Publié à l’origine sur la Bourse au quotidien.fr

Lors d’une interview accordée à Scott Pelley dans le cadre de l’émission “Face the Nation” ce dimanche 17 mai sur CBS (NYSE:), Jerome Powell a déclaré que le redressement de l’économie américaine “pourrait prendre plus d’un an, mais personne n’en est sûr”.

Le patron de la Réserve fédérale s’attend -comme tout le monde- à une reprise qui pourrait commencer dès le deuxième semestre de cette année mais il est compliqué de prédire son intensité.

“Eh bien, je serais plus optimiste si je le pouvais, c’est un moment de grandes souffrances et de grandes difficultés. Et cela nous est arrivé si rapidement et avec une telle force, que vous ne pouvez vraiment pas mettre des mots sur la douleur que les gens ressentent et l’incertitude qui les envahit. Et ça va prendre un certain temps pour que nous revenions à la situation d’avant-crise”.

Jerome Powell a repris en cours d’interview une formule que l’on croirait empruntée à Larry Kudlow ou Donald Trump : “sur le long terme, et même à moyen terme, vous ne devriez pas parier contre l’économie américaine. Cette économie va se redresser… même si cela peut prendre un certain temps”.

Trump s’en était pris récemment à de riches investisseurs qui jugeaient le rebond de Wall Street disproportionné : “ne pariez pas contre l’économie américaine” leur avait-il lancé.

Sauf qu’il est bien difficile depuis longtemps d’établir un lien entre la valorisation des indices américains et la santé de l’économie américaine.

Donald Trump a beau jeu de vilipender la FED dont les injections de liquidités continuent de creuser des abysses entre Wall Street et « mainstreet » : sous couvert de « tout faire » pour sauver le maximum d’entreprises, la FED détraque la mécanique fondamentale du capitalisme (divorce du couple rendement/risque) en déployant un « golden Put » qui a conduit paradoxalement à surpondérer de façon égale les valeurs les plus chères (les GAFAM + Tesla (NASDAQ:) et autres Netflix (NASDAQ:) affichant un PER supérieur à 50) et les entreprises moribondes dont le moment de la faillite a été repoussé par un accident du destin baptisé Covid-19.

La chasse aux zombies a peut-être culminé à l’issue de la 1ère semaine du mois de mai dans le secteur aérien (transport), de l’immobilier commercial et des valeurs du secteur « énergie ».

La semaine passée, les pétrolières et para-pétrolières ont chuté de -10 à -8% alors que le cours du baril de (échéance juin) s’est envolé symétriquement de +20% (24,5$/29,5$).

Encore un paradoxe ?

En réalité, le contrat juin a évolué de manière autonome au fil des rachats de vente à découvert tandis que les échéances plus lointaines ont progressé d’à peine le tiers, le a pris +6% vers 32,8$ mais se retrouve à peu près au même niveau que le 6 mai à l’ouverture.

Quels sont les freins à la survalorisation des indices américains ?
Et depuis 10 jours, le diagnostic économique et les projections ne se sont pas améliorées : la production industrielle a chuté de -11,2% en avril, après -4,5% en mars selon la Réserve fédérale, là où le consensus attendait une contraction de l’ordre de 10%.

Les ventes de détail ont plongé de -16,4% en avril, soit 2 fois plus profondément qu’en mars (-8,3%) et 50% en-deçà du consensus moyen de -11%… soit de très loin la pire chute mensuelle depuis 75 ans aux Etats Unis.

En excluant le secteur automobile, c’est pire encore avec une contraction de -17,2%, soit 10 points de moins que le consensus (-7% en avril).

De tels chiffres auraient dû assommer Wall Street à la veille du weekend mais les opérateurs s’accrochaient à l’espoir que le package de 3 000 Mds$ de soutien à la croissance américaine soit adopté par le Congrès, peu importe qu’il soit d’inspiration démocrate (avec un gros volet en faveur de la couverture médicale) ou républicain (il sera alors d’avantage orienté vers les baisses d’impôts)… De toute façon, cet argent atterrira chez BlackRock (NYSE:) (devenu le principal auxiliaire pour l’exécution des programmes d’achats d’actifs de la FED) et devrait continuer de faire gonfler la bulle de valorisation sur les principaux indices américains.

A moins que…

– Démocrates et Républicains s’écharpent au sujet de l’”Obamagate” (dont Donald Trump affirme que cela va ravaler le Watergate au rang de conte pour enfant),

– Washington et Pékin se lancent dans une escalade de sanctions réciproques après que Huawei se retrouve privé de composants cruciaux “made in USA”,

– la pandémie de Covid-19 redémarre aux Etats Unis en parallèle avec un déconfinement prématuré, comme cela vient de se produire à Singapour où 275 nouveaux cas ont été détectés ce weekend… et là, Jerome Powell est le premier à admettre que la FED n’y pourrait pas grand-chose et que tout repose sur la production d’un vaccin dont il serait miraculeux de disposer avant le 1er ou le 2ème trimestre 2021… ce qui est précisément l’horizon de temps qu’il a évoqué dans l’interview qui figure au début de cette chronique.

Source : investing

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