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« La crise a été l’occasion de tester la répartition des rôles entre le conseil d’administration et la direction »

Le coronavirus était-il anticipé par les conseils d’administration ? 

La pandémie était un risque que les conseils d’administration avaient anticipé. Par contre, personne n’avait prévu la réaction des pouvoirs publics presque partout dans le monde, à savoir le confinement généralisé. L’économie mondiale a été arrêtée. Par conséquent, tous les risques ont émergé en même temps, à savoir des fournisseurs ne livrant pas, des clients défaillants, parce qu’ils n’ont plus de trésorerie pour payer leurs factures. Un par un, les risques avaient été anticipés mais pas la combinaison de tous en même temps. 

Cela va amener les directions à reconsidérer la manière d’anticiper les risques, en privilégiant la préparation de scénarii qui combinent des risques dont l’occurence simultanée n’était pas envisagée

Comment ont réagi les conseils d’administration dans cette crise ? 

Ils avaient besoin d’informations concernant la gestion de la crise et mais en même temps ce n’est pas leur rôle de s’immiscer dans les prises de décision. La direction, elle, était obligée de se concentrer sur la gestion de la crise. Les groupes qui s’en sont finalement mieux sortis sont ceux où le conseil a  réussi à prendre de la hauteur et a réfléchi à la façon de sortir de la crise. Ceux qui ont une présence forte en Asie, parce qu’ils ont vu la crise arriver, ont sans doute mieux géré que les autres. 

Est-ce qu’un mode de gouvernance a été plus efficace qu’un autre ? 

La crise a été l’occasion de tester la répartition des rôles entre le conseil d’administration et la direction. Elle a montré la force de la dissociation des fonctions entre un président et un directeur général. Le président déchargeait le DG de la gestion du conseil. Il rassurait les actionnaires. De son côté, le DG pouvait avoir l’esprit libre et gérer les problèmes qui se présentaient à lui.

Peu de groupes cotés ont été attaqués pris pour cible par des concurrents ou des activistes. Comment cela s’explique ? 

Le choc boursier extrêmement violent aurait pu donner lieu à de nombreux achats de titres, voire à des tentatives d’OPA. La liquidité ne manquait pas sur les marchés, les opportunités non plus, d’autant que les entreprises coupaient les dividendes et arrêtaient leurs programmes de rachat d’actions. Mais l’incertitude était grande, non seulement sur la durée du krach mais aussi sur la sortie de crise. Et puis, les marchés sont repartis vite, la fenêtre de tir s’est refermée avant même que des prédateurs ou activistes se disent que c’était le moment d’y aller. 

Source : les echos

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